Vera Songwe, de la CEA, appelle à une voix africaine plus forte sur la scène mondiale

Addis-Abeba, Éthiopie, le 14 avril 2018 (CEA) - La secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe, souligne ce samedi l’importance de groupes tels que le T20 Afrique comme acteur sur la scène mondiale plaidant pour l’Afrique.

Dans un discours liminaire prononcé au début de la réunion annuelle du Groupe permanent T20 Afrique, Mme Songwe déclare que l’Afrique doit faire entendre sa voix lors des réunions de groupes tels que le G20 qui prend des décisions qui ont un impact direct sur le développement durable en Afrique.

« En tant que continent, nous sommes intimement liés à de nombreuses discussions qui se déroulent au G20, mais nous n’avons pas réussi à défendre notre position ou à réclamer au moins notre position dans ces discussions », dit-elle.

Mme Songwe et les délégués de plus de 30 groupes de réflexion ont abordé des questions d’actualité, notamment le problème de la dette mondiale, les migrations, l’Accord de libre-échange continental africain (AfCFTA) récemment signé, la paix, les Flux financiers illicites, les coûts fictifs, l’érosion de l’assiette fiscale, les données, la mobilisation des ressources nationales et la nécessité de créer des agences de notation africaines.

« Le groupe T20 est extrêmement important car autour du G7 et du G20 il existe toute une armée d’institutions qui rédigent des notes politiques pour les différents gouvernements mais nous ne possédons pas une armée de décideurs politiques comme nous disant que telle est la position de l’Afrique », indique-t-elle.


ZLECA

Concernant la ZLECA, la patronne de la CEA précise : « Nous avons énormément travaillé pour mener le continent vers l’Accord de libre-échange continental, mais le reste du monde ne comprend pas nécessairement ce que nous essayons de faire, nous luttons et nous subissons les pressions des Européens, des Américains avec l’AGOA (la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique), avec les APE se demandant ce que cela signifie ».

Elle poursuit et dit : « Je pense que c’est grâce à des groupes comme celui-ci que notre voix peut être entendue au G20 et peut enclencher des discussions nous rappelant de soutenir la Zone de libre-échange continentale si nous voulons ajouter de la valeur, améliorer la prospérité en Afrique, cela se fera par le biais du commerce ».

L’Afrique, déclare Mme Songwe, décide qu’avec les réformes en cours de l’Union africaine, elle fonctionnera plus efficacement avec une seule voix si elle veut réussir à générer de la croissance et de la prospérité à sa population, ajoutant que ses dirigeants croient encore au commerce et ce commerce est ce qui apportera la croissance et la prospérité au continent.

« Nous ne réinventons rien de nouveau et le fait que l’Afrique emprunte la voie d’un accord de libre-échange continental ne signifie pas que l’Afrique ne veut pas commercer avec le reste du monde. Cela signifie que l’Afrique veut se réorganiser ; l’Afrique veut se renforcer ; l’Afrique veut se relancer », ajoute-t-elle.

La patronne de la CEA informe que les dirigeants africains sont plus que jamais engagés dans des discussions qui verront leurs économies s’améliorer ; la crise de la dette et les problèmes connexes mieux gérés.

Nous vivons dans une période qui nous est inconnue. Les dirigeants sont très engagés sur les questions économiques concernant le continent », dit-elle à la réunion.

Pour sa part, Elizabeth Sidiropoulos, du T20 Afrique, indique que la voix de l’Afrique est cruciale dans les discussions mondiales car la plupart des décisions prises dans le monde ont des répercussions sur le continent d’une manière ou d’une autre. Elle mentionne que le niveau d’engagement entre l’Afrique et le G20 est insuffisant et que la réunion explorera cette question et d’autres questions.

La réunion annuelle T20 Afrique discutera des notes d’orientation et des recommandations ciblées pour améliorer la coopération entre le G20 et l’Afrique sur les questions internationales, entre autres questions. L’Afrique du Sud est le seul pays africain membre du G20.

Le Groupe permanent T20 Afrique, qui a été lancé en 2017, fait partie du processus Think 20, l’un des groupes d’engagement officiels du G20. Le T20 possède un réseau politiquement indépendant d’instituts de recherche et de groupes de réflexion des pays du G20 qui facilite l’interaction et le dialogue entre ses membres et les décideurs politiques.

Il participe à la production conjointe de connaissances transrégionales et fournit des conseils politiques fondés sur des données probantes concernant la coopération entre les économies émergentes du G20, les autres membres du G20 et l’Afrique. Le réseau compte plus de 30 grands groupes de réflexion issus d’économies émergentes, d’autres pays du G20 et d’Afrique.


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