La bonne gouvernance, un impératif pour une paix durable en Afrique, déclare Vera Songwe

Addis-Abeba, Éthiopie, le 10 février 2020 (CEA) - La mauvaise gouvernance, l’absence de femmes aux tables de décision et le chômage des jeunes sont quelques-uns des défis qui continuent d’être un fléau dans la quête de l’Afrique pour la paix totale, la cohésion sociale et le développement durable.

C’est ce que déclare Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), lors d’une discussion de haut niveau sur le maintien de la paix et de la sécurité économique qui a été convoquée par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, en marge du Sommet de l’Union africaine, ce lundi.

« La mauvaise gouvernance est au centre de l’échec de l’Afrique à maintenir la paix. Lorsque les conflits persistent, les filles abandonnent l’école et nous perdons la confiance des cerveaux en Afrique. Les femmes et les filles ne doivent pas être utilisées pendant ou pour un conflit », indique Mme Songwe.

Actuellement, 21 conflits armés font rage sur le continent.

« Nous devons veiller à ce que les femmes soient incluses dans les processus décisionnels essentiels si nous voulons réduire les conflits, maintenir la paix et offrir une Afrique prospère », indique-t-elle.

« Investir dans les femmes et leur assurer une place à la table de décision est crucial pour la paix, la cohésion sociale et le développement durable sur le continent africain ».

Elle déclare que plus de 13 millions de jeunes africains sans emploi sont une bombe à retardement qui oblige les dirigeants du continent à agir rapidement.

« Nos dirigeants doivent investir dans l’éducation, nos environnements commerciaux, la bonne gouvernance et les infrastructures », ajoute Mme Songwe.

Pour sa part, M. Trudeau indique : « En cette période de changement, transformation de l’économie mondiale, conflits et défis climatiques, les gens craignent que le système n’ait pas de place pour eux. Nous avons du populisme à certains endroits ... l’attrait de l’extrémisme et du terrorisme chez bien trop de jeunes ».

« Il est temps pour nous de nous ressaisir. Comprendre qu’une partie essentielle de la construction de la paix n’est pas seulement l’absence de conflit, c’est la création d’opportunités ; cela se voit avec les gouvernements locaux où le besoin de voir les jeunes avoir des emplois, devenir des entrepreneurs se fait ressentir ; des investissements qui peuvent débloquer des opportunités économiques comme un élément essentiel de la voie à suivre ».

Il appelle à des solutions locales dans les pays en conflit. Les solutions imposées, dit-il, ne fonctionnent pas.

« Nous devons mieux travailler ensemble, stimuler les investisseurs et créer des opportunités économiques et une prospérité largement partagées, avec une chance réelle et équitable de réussir pour nous tous », affirme M. Trudeau.

Le Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, participant également à la réunion, a abordé le sujet des conflits dans son pays et dans la région du Sahel en général et la nécessité d’un soutien international accru pour lutter contre les groupes djihadistes et l’extrémisme.

Pour sa part, M. Akinwumi Adesina, Président du Groupe de la Banque africaine de développement, indique que la plus grande menace à la paix en Afrique n’est pas le terrorisme mais le chômage des jeunes.

« Les terroristes recrutent des jeunes. Le taux élevé de chômage des jeunes en Afrique est la situation la plus formidable pour les terroristes de recruter des jeunes découragés et sans emploi. Nous ne pouvons pas maintenir la paix et la sécurité économique avec des centaines de millions de jeunes sans emploi », affirme-t-il.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, salue la réunion en disant qu’il est nécessaire de définir et affiner les meilleures façons de garantir et maintenir la paix et la sécurité économique sur le continent.

La paix, dit-il, est la clé du développement durable de l’Afrique, ajoutant qu’il faut remuer ciel et terre pour résoudre les conflits et promouvoir la paix.

Le Président des Raptors de Toronto, Masai Ujiri, d’origine nigériane, souligne l’importance du sport pour éloigner les jeunes africains des conflits.

« Le continent doit accorder une attention particulière au développement des jeunes et au sport. Il rassemble les gens et crée une passion et une camaraderie qui les éloignent des conflits. Je sais à quel point le basketball m’a soulevé et j’ai vu la joie qu’il procure », déclare M. Ujiri lors de la réunion.

Le Canada assume actuellement la présidence de la Commission des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

 

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