Appel du Colloque en faveur de bénéfices mutuels et de nouvelles voix dans les partenariats mondiaux

Addis Abeba, le 6 juin 2013 (CEA) – « Les résultats mitigés enregistrés concernant les objectifs du Millénaire pour le développement, d’une part, et l’ambition que nourrit l’Afrique de réaliser une croissance transformatrice durable, de l’autre, justifient que nous repensions la notion de partenariat mondial. » Cet appel a été lancé par M. Carlos Lopes, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), lors d’un colloque de haut niveau organisé pendant deux jours sur le thème « Un partenariat renouvelé pour l’après-2015 ».

M. Lopes a ajouté que les partenariats mondiaux pouvaient être bénéfiques pour l’Afrique s’ils étaient « alignés sur la vision stratégique du continent et étayés par une voix continentale unique ».

Le Secrétaire exécutif a insisté sur les défaillances de la responsabilité mutuelle sous-tendant le partenariat mondial pour le développement, comme en témoignent les tendances à la baisse de l’APD, due en partie à la crise de la dette souveraine de la zone euro, et les engagements et décaissements décevants au titre de l’aide pour le commerce.

« Ce phénomène se produit précisément au moment où des ressources sont nécessaires pour accroître les efforts en vue de la réalisation des OMD d’ici à 2015; le déclin de l’APD n’aurait pas pu venir à un pire moment », a-t-il déploré.

Tout en critiquant les partenariats qui sous-tendaient le cadre des OMD qui n’étaient pas allé assez loin pour répondre à certains des redoutables défis rencontrés par le continent, il a fait observer que la fin imminente de l’ère des OMD offrait l’occasion de revoir et de recadrer les partenariats mondiaux, d’une manière qui soit mutuellement bénéfique et durable.

« Un nouveau partenariat mondial doit éviter la logique donateur-bénéficiaire qui sous-tend nombre de cibles et objectifs et qui renforce la dépendance vis-à-vis de l’aide de nombreux pays en développement, particulièrement en Afrique », a-t-il expliqué.

« Les partenariats mondiaux restent indispensables pour répondre à des préoccupations planétaires telles que les changements climatiques, les conflits et l’insécurité, l’instabilité financière, les flux illicites de capitaux ou les menaces qui pèsent sur la santé », a-t-il indiqué, ajoutant que les partenariats devaient se concentrer sur les priorités de développement du continent, en particulier « la transformation structurelle et le développement des capacités nécessaires à la mise en œuvre et au maintien du programme de transformation ».

Selon M. Lopes, « les partenariats et les financements mondiaux devraient, en dernier ressort, promouvoir l’autonomie et l’autodétermination des États africains, y compris en soutenant le développement des compétences et des technologies, ainsi que l’industrialisation. »

Il a également lancé un appel en faveur d’un partenariat mondial qui associe de nouveaux acteurs et des voix diverses, y compris les jeunes.

« Ce nouveau partenariat mondial et l’architecture de financement doivent respecter les priorités de développement de l’Afrique, favoriser les intérêts mutuels des pays développés et des pays en développement, et tenir, de manière crédible, toutes les parties responsables de leurs actions », a-t-il dit, concluant: « Faute de quoi, nous aurons manqué à notre devoir en tant que dirigeants de nos institutions, de nos communautés et de nos pays. »

 

Note aux rédacteurs

La réunion est la première des trois grandes consultations qui se tiendront dans le cadre de la préparation du Forum pour la coopération en matière de développement du Conseil économique et social de 2014, où les intervenants chercheront à faire avancer le dialogue mondial sur l’avenir de la coopération en matière de développement dans le contexte de l’après-2015.

À moins de trois ans de l’échéance finale des objectifs du Millénaire pour le développement en 2015, la communauté internationale intensifie ses efforts pour accélérer les progrès en vue de leur réalisation. Les débats sur l’élaboration d’un programme de développement pour l’après-2015 se multiplient et 53 pays africains ont élaboré une vision commune à cet égard.

Organisé par le Ministère éthiopien des finances et du développement économique et le Département des affaires économiques et sociales (DAES) du Secrétariat de l’ONU, avec le soutien de la Commission économique pour l’Afrique, le Colloque de haut niveau a réuni plus de 160 hauts-fonctionnaires et personnalités représentants les pays développés et en développement, les partenaires du Sud, la société civile, des fondations philanthropiques, le secteur privé, les parlementaires, les administrations locales et les organisations internationales.

Le Colloque de haut niveau, ouvert conjointement par M. Sufian Ahmed, Ministre éthiopien des finances et du développement économique, et par M. Wu Hongbo, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, sera le point de départ d’un dialogue sur ce à quoi devraient ressembler les nouveaux partenariats mondiaux pour encourager l’action de toutes les parties prenantes et appuyer efficacement la mise en œuvre des buts et objectifs. Les participants vont engager des discussions franches et ouvertes sur le rôle potentiel, les principes et les priorités stratégiques de partenariats mondiaux renouvelés pour le développement, ainsi que leurs principales caractéristiques et pratiques de travail, et sur le rôle d’un suivi et d’une responsabilisation renforcés pour étayer ces partenariats.

Grâce à la participation de multiples intervenants, le Forum pour la coopération en matière de développement, l’une des principales fonctions du Conseil économique et social, facilite le dialogue et l’examen de politiques et de dialogue au niveau mondial sur la coopération internationale pour le développement. Le Colloque de haut niveau pour l’Éthiopie sera suivi de deux autres colloques, en Suisse et en Allemagne, auxquels s’ajouteront une série de réunions de concertation et de travaux d’analyse thématiques.

 

Pour davantage d’informations, prière de contacter:

Mercy Wambui, Commission économique pour l’Afrique, + 251-115- 443652, mwambui[at]uneca[dot]org

Paul Simon, Département des affaires économiques et sociales, + 1 917 367 5027, simonp[at]un[dot]org