Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser les femmes et les filles

Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser les femmes et les filles

Introduction

  1. Les économies africaines, qui n’ont cessé de progresser au cours des dernières décennies, affichent désormais des taux de croissance parmi les plus élevés au monde. Cette croissance, en dépit de la reprise mondiale inégale après la crise économique et financière survenue en 2008, a été saluée par les analystes qui ont qualifié la dernière décennie de période triomphale pour l’Afrique. Cette réussite, toutefois, est quelque peu ternie par le fait que la croissance économique en Afrique ne profite pas également à tous les segments de sa population. L’inégalité a progressé en même temps que la croissance du continent. Avec un coefficient de Gini estimé à 44 pour cent, soit le plus élevé après l’Amérique latine1, et un indice de l’inégalité des sexes à 0,572, le plus élevé de toutes les régions2, l’inégalité des revenus et l’inégalité des sexes se sont avérées être les conséquences les plus désastreuses de la croissance de l’Afrique.

  2. . La question du lien qui existe entre croissance, ouverture, égalité, réduction de la pauvreté et développement durable domine de plus en plus le débat sur le développement. Les recherches dans ce domaine démontrent que la croissance en Afrique ne suffit en aucun cas à assurer la réduction de la pauvreté et le développement inclusif et durable. Si « la forte corrélation entre croissance économique et réduction de la pauvreté est l’un des principaux faits stylisés des économies en développement »3, la situation sur le terrain a fait émerger un contre-discours, suggérant que la croissance peut s’accompagner d’un accroissement, voire d’une aggravation, de la pauvreté et de la vulnérabilité. Les questions à poser sont alors les suivantes : premièrement, quels sont les facteurs à l’origine de cette corrélation négative ? Deuxièmement, pourquoi la croissance et l’inégalité augmentent simultanément, minant les efforts déployés par le continent pour réduire la pauvreté et assurer un développement durable ?

  3. Les réponses, établies sur la base de constatations sur le terrain (CEA, 2014, 2015 ; Banque mondiale, 2011, 2014 ; PNUD, 2011, 2012 ; FNUAP, 2016, et autres sources) sont claires. En premier lieu, les processus qui génèrent de la croissance économique mais qui n’incluent pas tous les segments de la population, les femmes et les hommes, les filles et les garçons, et dont les résultats ne profitent pas également à tous, ne prenant pas dûment compte des contraintes, des options, des mesures d’incitation et des besoins qui leur sont propres, ne peuvent être ni équitables ni durables. A cela s’ajoute le fait que la croissance non durable est un frein à l’égalité et à la prospérité partagée.

  4. Le présent document, qui est une contribution au Forum régional africain sur le développement durable, évalue les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Objectif 5 des Objectifs de développement durable, ainsi que dans celle de l’Objectif 17 et de l’aspiration 6 de l’Agenda 2063. Après avoir passé en revue les défis et les possibilités, ce document formule des messages clés et des recommandations de politique générale visant à assurer que ces deux objectifs ne deviennent pas des occasions perdues pour le continent.