La vision de l’Afrique pour la prospérité et l’inclusion requiert des statistiques précises et en temps opportun, dit la Vice-présidente Wina

Lusaka, Zambie, le 17 octobre 2019 (CEA) - Les dirigeants africains ont une grande vision de vouloir bâtir un continent intégré, prospère et pacifique, dirigé et géré par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale, déclare ce jeudi, la Vice-présidente de la Zambie, Inonge Mutukwa Wina.

Mais la vision ne peut être réalisée que si les citoyens du continent sont tous visibles et connus des autorités à des fins de planification, et que des statistiques précises et à jour sont toujours disponibles, indique Mme Wina, dans son allocution d’ouverture, lors de la cinquième Conférence des ministres africains responsables des faits d’état civil, à Lusaka.

« Si vous comprenez vraiment les faits d’état civil, nous ne pouvons réaliser cette grande vision africaine sans compter et déclarer nos citoyens », ajoute-t-elle.

« Un système de CRVS pleinement opérationnel avec une déclaration universelle des naissances, des mariages et des décès est le fondement d’un système d’identité légale complet, robuste et durable ».

La Vice-présidente félicite les dirigeants africains pour leur initiative à vouloir mettre en place des systèmes de CRVS complets et robustes à la suite de la déclaration de la décennie pour le repositionnement des CRVS dans les programmes de développement continental, régional et national de l’Afrique.

Elle dit que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 reconnait que les systèmes de CRVS innovants et durables, intégrés à la gestion de la santé et de l’identité nationale, constituent un puissant moteur pour des économies plus inclusives.

« Nous devons nous féliciter d’avoir pris des mesures audacieuses en tant qu’États membres africains pour reconnaître le rôle central des CRVS dans le programme de développement de l’Afrique », affirme la Vice-présidente, ajoutant que cela permet au continent de disposer des informations nécessaires pour répondre aux problèmes de développement et les résoudre.

La Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, Vera Songwe, a précédemment demandé à Mme Wina de défendre la cause de l’identité légale sur le continent afin de combler le fossé de l’identité, en particulier pour les plus de 250 millions de femmes africaines invisibles et d’autres personnes en quête d’autonomisation économique.

« L’identité représente la reconnaissance, le respect et la dignité. Si nous pouvons imaginer que sur notre continent, nous avons 550 millions de personnes sans cette reconnaissance nécessaire pour exister en tant que membres légitimes de la société, alors, en tant que société, nous avons un peuple », déclare-t-elle.

« Madame la Vice-présidente, nous allons rendre cet évènement mémorable et historique, car des décisions et résolutions importantes seront prises ici dans le but de pousser l’agenda des faits d’état civil et la gestion de l’identité au plus haut niveau ».

Pour sa part, Thomas Kwesi, Vice-président de la Commission de l’Union africaine, dit que le thème de la conférence, « Système innovant des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil : fondement de la gestion de l’identité légale », est opportun car la poursuite de l’agenda de l’identité légale contribuera à la mise en œuvre d’initiatives continentales majeures, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine, le Protocole sur la libre circulation des personnes, le Passeport africain et le marché du transport aérien unique en Afrique.

La réalisation de l’Agenda 2063 et Programme de développement durable à l’horizon 2030 exige que chaque fait d’état civil soit déclaré et que les statistiques pertinentes soient collectées, compilées, produites et diffusées de manière régulière et continue afin d’orienter les politiques et la planification, d’informer les décisions, de permettre à tous les acteurs de suivre l’évolution des progrès et d’opérer les ajustements nécessaires pour garantir la transparence et la responsabilité mutuelle, dit-il.

Le Directeur des statistiques de la Banque africaine de développement, Charles Lufumpa, indique que, bien que des efforts aient été faits pour réorganiser les systèmes de CRVS en Afrique, il reste encore beaucoup à faire. Il déclare que les CRVS sont cruciaux pour prendre des décisions importantes en matière de politiques, informer les Objectifs de développement durable, l’Agenda 2063 et le programme des cinq priorités de la Banque.

« Bien que des progrès significatifs aient été accomplis, il reste encore du travail à faire car la plupart de nos systèmes de CRVS restent faibles », affirme M. Lufumpa, ajoutant que la banque prône le renforcement des systèmes de CRVS, à la fois en termes de couverture et de qualité, en promouvant l’utilisation des TIC, le développement du capital humain, la coopération et la coordination Sud-Sud.

La conférence se termine le vendredi 18 octobre.


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