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 <title>Blog de Minilik.Demissie</title>
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 <title>Compte rendu du livre: « Innovation Africa: Emerging Hubs of Excellence »</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/compte-rendu-du-livre-%C2%AB-innovation-africa-emerging-hubs-excellence-%C2%BB</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-08-12T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;12 Août 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/emerging-hubs2.png?itok=FdVY1lIB&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Book Review of: “Innovation Africa: Emerging Hubs of Excellence”&quot; title=&quot;Book Review of: “Innovation Africa: Emerging Hubs of Excellence”&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Au moment où l’Afrique ambitionne, dans le cadre de l’Agenda 2063, de s’attaquer à des défis de grande envergure (courbe démographique ascendante, industrialisation verte et mobilisation des ressources), l’innovation devrait être impérativement inclusive pour faciliter la création d’emplois décents, générer des investissements et contribuer à la transformation structurelle du continent. Arrivant sur le tard, l’Afrique a l’avantage de pouvoir brûler les étapes des préférences technologiques, tirer les enseignements des erreurs commises par les autres et modifier les pratiques d’une manière favorable à la durabilité et à l’inclusion. Mais la réussite à cet égard passe nécessairement par des politiques hardies.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce contexte, l’ouvrage « Innovation Africa: Emerging Hubs of Excellence » est une lecture incontournable. Les auteurs, Olugbenga Adesida, Geci Karuri-Sebina et João Resende-Santos, non seulement y mettent en évidence l’expérience africaine de l’innovation à ce jour, mais soulignent aussi le pouvoir de transformation du continent. Dès l’entame, ils rappellent au lecteur que l’Afrique &lt;em&gt;n’est plus ce qu’elle était dans le passé… Les innovations technologiques qui s’y dessinent aujourd’hui promettent de transformer les pays africains de pays qui échangent principalement des produits de base en pays qui échangent des produits à forte intensité de savoir&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les auteurs partent du principe que le discours populaire sur «l’éveil de l’Afrique» repose sur une vision extérieure (non africaine) de ce que le développement économique et les systèmes d’innovation signifient pour le continent. Cette vision pêche par sa méconnaissance de nombre des réalités, mais aussi des possibilités existant actuellement sur le continent. Le livre offre à la place une perspective rafraîchissante; un discours panafricain et un cadre prospectif pour relever les défis aussi bien du développement que du sous-développement, en tenant compte du contexte africain. Par exemple, les auteurs préconisent de mettre au point des systèmes d’innovation inclusive; de prendre le parti de l’autonomie contre celui de la dépendance et de renforcer les capacités humaines et institutionnelles, notamment les richesses de la culture africaine et son potentiel intérieur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’importantes innovations provenant de centres d’excellence disséminés sur le continent sont décrites dans l&#039;ouvrage, à partir d&#039;un assortiment de neuf études de cas portant sur des sujets aussi variés que l’essor de Nollywood et la sidérurgie algérienne. Les facteurs de succès ainsi que les leçons apprises sont analysés et des recommandations concrètes formulées sur ce qui doit être fait différemment à l’avenir. Il apparaît clairement pour le lecteur que l’Afrique a la capacité et le potentiel d’innover et qu’il existe une multiplicité d’acteurs qui constituent le moteur de l’innovation. Ainsi, l’étude sur l’administration électronique appliquée avec succès par le secteur public de Cabo Verde montre comment une innovation concrète a réduit les coûts et la durée des procédures commerciales et a bien fonctionné dans un petit pays insulaire en développement. L’analyse de l’écosystème de l’innovation en matière de technologie mobile au Kenya montre comment une combinaison de politiques délibérées, de développement des infrastructures et de direction gouvernementale, a permis de créer l’environnement institutionnel et macroéconomique nécessaire à l’essor de l’innovation. L’histoire de Suame Magazine du Ghana illustre la façon dont le secteur informel et ses artisans ont joué un rôle clef dans l’émergence d’une zone industrielle spécialisée dans l’ingénierie et la fabrication, parmi les plus importantes du pays ; tandis qu’une étude sur l’industrie de résidus de palmier en Égypte met en évidence la façon dont l’innovation a transformé des sous-produits agricoles en un trésor local riche en avantages sociaux et économiques, fruit d’une initiative dirigée par le secteur universitaire en coopération avec le secteur privé et les collectivités locales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La conclusion qui se dégage de ces analyses est évidente: pour mûrir, se développer et se valoriser, l’innovation doit être soutenue par un écosystème favorable. Beaucoup reste à faire pour que l’Afrique puisse tirer pleinement parti des systèmes d’innovation et rivaliser avec les autres régions dans la nouvelle économie mondiale. L’ouvrage en revanche propose un menu de politiques volontaristes propres à accélérer le rythme de l’innovation sur le continent, ce qui en fait un trésor unique pour les responsables politiques, les universitaires, les chefs d’entreprises et le grand public.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous avons à portée de main d’intéressantes possibilités de faire de l’Afrique le continent de l’avenir. Il suffit d’être attentif aux messages que délivre cet ouvrage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 11 Aug 2016 07:57:29 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Les débats sur la migration sont en train de devenir illogiques*</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/les-d%C3%A9bats-sur-la-migration-sont-en-train-de-devenir-illogiques</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-07-15T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;15 Juillet 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette année, les garde-côtes italiens ont déjà secouru plus de 30 000 personnes en Méditerranée, faisant preuve de courage, de compassion et d’efficacité. Ils méritent la reconnaissance de l’Afrique car un grand nombre des survivants viennent du continent. L’an dernier, plus d’un million de personnes ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe et beaucoup l’ont fait en passant par l’Italie. Ce nombre est beaucoup plus important que celui des années précédentes. En effet, 68 % de ces personnes venaient de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak et du Pakistan. Dans les dix premières nationalités représentées, il y a seulement une seule nationalité africaine sur dix. Frontex, l’agence européenne chargée de la question, reconnaît que le nombre de migrants irréguliers en provenance d’Afrique est minime en comparaison avec les arrivées régulières.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La dimension humanitaire associée à ces récentes évolutions présente malheureusement des similitudes avec le phénomène des « boat people » ayant cherché asile en Amérique du Sud ou en Australie, ou ayant traversé les mers de Chine méridionale,  d’Andaman, Égée ou encore la mer Rouge. Au cours de l’histoire, les navires n’ont pas seulement été utilisés pour explorer de nouveaux territoires ou pour le commerce. Les migrations sont depuis bien longtemps des usages pour les navires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les mouvements de migrants sont normalement comptabilisés en termes de nationalités et de papiers d’identité. Mais le phénomène précède les frontières territoriales modernes; en effet, de nombreux mouvements migratoires ont contribué à les délimiter. Ainsi est-il indispensable d’avoir un sens de l’histoire pour comprendre la complexité de la mobilité des êtres humains.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon les statistiques officielles, 250 millions de personnes vivent actuellement hors de leur pays d’origine. Cependant, rien qu’entre 1846 et 1940, environ 50 millions d’Européens sont partis vers les Amériques. Un plus grand nombre d’Européens se sont déplacés vers d’autres parties du monde depuis. Il est donc intéressant de mettre en perspective le nombre d’Africains associés à la perception actuelle d’un «raz-de-marée». Selon les données des Nations Unies, les Africains représentent 8,5 % de ces 250 millions. En Europe, le chiffre se situe légèrement au-dessus de 9 millions. Pour un continent d’environ 1 milliard d’habitants, cela signifie l’équivalent de 0,9 % de la population.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En fait, la plupart des migrants Africains se déplacent vers d’autres pays africains. Le continent  a les plus hauts niveaux de migration intracontinentale du monde entier. En dépit des nombreuses limitations qui entravent l’intégration régionale, la mobilité humaine progresse bien en Afrique. À la lumière des nouveaux changements démographiques, les jeunes Africains communiquent, ont un meilleur accès au transport et ont moins le sens de la rigidité territoriale que leurs parents. Cette tendance est universelle. Lors du récent vote « Brexit » du Royaume-Uni, comme dans de nombreux autres pays industrialisés où les populistes font pression en faveur des prises de position anti-migrants, les jeunes ont voté massivement en faveur de la diversité et de l’intégration. Malheureusement, dans ces pays, les personnes âgées ont été convaincues que leur mode de vie était menacé par les migrants. Tout spécialiste ou citoyen bien informé sait pourtant qu’il s’agit du contraire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Permettez-moi de m’attarder d’abord sur les raisons pour lesquelles les gens quittent l’Afrique, avant de procéder à une évaluation des avantages de la migration.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque expérience d’industrialisation réussie a provoqué des mouvements démographiques. La plupart du temps en direction des nouveaux centres de production, mais pas toujours. De nombreux facteurs influencent le comportement humain et connaître le contexte sociologique permettrait de déterminer quelles sont les franges de la population à la recherche d’échanges et d’interaction au-delà de leurs frontières.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Chine a vu partir près de 10 millions de migrants durant la récente période de boom économique. Selon le numéro de The Economist du 9 juillet, «l’exode extraordinaire des citoyens chinois est l’une des tendances les plus marquantes de ces dernières décennies». Ces migrants ont quitté la Chine pour diverses raisons, comme d’autres avant eux. Et comme les Africains continueront certainement à le faire, en dépit d’une forte croissance. La situation des Indiens migrant vers les Émirats Arabes Unis n’est pas différente. Les Mexicains vont aux États-Unis d’Amérique, les Indonésiens en Australie, eux aussi malgré une forte croissance. Pourquoi l’Afrique serait-elle différente?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ambition n’est pas la seule cause de la migration. Beaucoup sont obligés de partir parce qu’ils sont dans une situation de désespoir. Les conflits provoquant de lourdes pertes ont augmenté de manière significative au cours des six dernières années sur le continent. Ils sont principalement associés au terrorisme. Les attaques imputables à des mouvements religieux radicaux ont augmenté de 300 % depuis 2009. L’exclusion de certains groupes sociaux est devenue le plus gros problème de gouvernance auquel l’Afrique doit faire face. Les sociétés pastorales sont particulièrement affectées car elles ont peine à s’adapter à l’urbanisation rapide et à la croissance des services dans l’économie. Le Haut-Commissariat aux réfugiés estime qu’environ 14 millions d’Africains sont dans une situation préoccupante, soit le plus grand nombre depuis le début de la compilation de statistiques à cet égard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les opportunités en Afrique même se sont aussi avéré insaisissables pour certains, qui ont été expulsés par d’autres Africains. Depuis l’indépendance, des pays africains ont expulsé d’autres Africains à 35 reprises. Ce manque d’acceptation font qu’un voyage par-delà les mers reste dangereux, mais avec un plus grand potentiel d’attraction.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il existe aussi des Africains éduqués qui prennent l’avion au lieu de traverser le désert en camionnette ou de naviguer sur des embarcations de fortune. Un diplômé universitaire sur six trouve un moyen de sortir de son pays d’origine, ce qui fait que le nombre de migrants africains instruits est surprenant. Les gens hautement qualifiés ne représentent que 3 % de la population active de l’Afrique, mais 35 % des nouveaux migrants quittant le continent. Cela explique en partie pourquoi les envois de fonds continuent d’augmenter, atteignant 71 milliards de dollars l’année dernière, soit plus de 4 % du PIB combiné du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De façon générale, les Africains n’ont pas une perception négative des migrations. L’inconscient collectif n’a pas oublié les 12 millions d’esclaves déplacés de force vers les Amériques, ainsi que d’autres mouvements de traite d’esclaves, moins connus mais aussi importants, vers l’Arabie et l’Inde. En comparaison, ils s’attendent à ce que les flux actuels soient traités avec la solidarité promise dans les déclarations des droits de l’homme. Le nombre actuel de migrants africains étant si peu élevé en comparaison, comment expliquer l’inquiétude croissante, presque hystérique, qui entoure ce sujet?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La démographie mondiale évolue si vite qu’il est impossible de maintenir les modes de distribution de la richesse auxquels nous nous sommes habitués. Il est difficile de démontrer aux régimes politiques que l’austérité ne résoudra pas le double problème d’un fort endettement et du vieillissement de la population. La majorité des pays fortement endettés font aussi face au défi structurel du vieillissement de leur population.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans environ deux mois, le 21 septembre prochain, le Japon célébrera sa Journée Nationale du respect des personnes âgées, durant laquelle plus de 30 000 citoyens seront félicités pour leur 100&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire. Ils se joindront à 31 000 autres centenaires honorés avant eux. L’accélération de la courbe des âges est si dramatique au Japon qu’en 2025, les dépenses de santé augmenteront de 70 %, les soins à domicile de 160 % et les pensions de 40 %. Actuellement, un Japonais sur quatre est âgé de plus de 65 ans, la population active – malgré une élévation de l’âge de la retraite – diminuera au cours des 40 prochaines années pour être ramenée aux niveaux des années 50. Cependant, un défi plus important surgit à l’horizon: la dette nationale, qui représente déjà 240 % du PIB.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les uns après les autres, les pays d’Europe sont confrontés à un déficit similaire de main-d’œuvre et, donc, de contributeurs potentiels à la sécurité sociale et à la consommation. En Europe, le ratio moyen de la dette au PIB est bien au-dessus de 100 %. Ce poids de la dette touche une population qui risque de voir le nombre total de décès supérieur de 63 millions au nombre de naissances d’ici à 2050. Même si la projection nette des migrants arrivant en Europe est maintenue à 31 millions pendant cette même période, la population sera toujours réduite de 32 millions. Comme au Japon, un quart de la population est déjà âgée de plus de 65 ans. En 2050, si les tendances se maintiennent, les personnes âgées de plus de 65 ans représenteront précisément 65 % de la population. Qui peut croire que l’austérité diminuera, d’elle-même, avec la crise actuelle?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En République de Corée, la société la plus robotisée au monde, on se fait à l’idée que les robots ne résoudront pas le problème du vieillissement. La mentalité du «lien par le sang» cède petit à petit la place à l’acceptation de la migration. Après tout, les robots ne contribuent pas à la sécurité sociale. Jasmine Lee, née aux Philippines, est la première députée d’éthnie non-coréenne à être élue à l’Assemblée nationale, faisant ainsi tomber des barrières qui existaient depuis très longtemps. La Chine devra elle aussi faire face au vieillissement de sa population. En Chine, la richesse actuelle par habitant équivaut à celle du Japon au début des années 70, mais on assiste déjà à une diminution de la main d’œuvre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Contrairement à bon nombre de leurs partenaires, l’Afrique et l’Inde seront un «réservoir» de jeunes. Les pessimistes malthusiens doivent envisager l’avenir avec les caractéristiques qu’il est susceptible d’avoir et non avec celles connues aujourd’hui. Le boom démographique de l’Afrique doit être considéré comme faisant partie du potentiel du continent. Les dirigeants africains devraient néanmoins être conscients que la confiance des Africains dépendra des investissements faits en faveur du capital humain. Il n’y a aucune Terre promise dans le monde sans travail et stratégie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui dit migrations internationales dit liaisons transfrontières: les liens qui unissent les pays d’origine et d’accueil sont un aspect important de l’expérience migratoire, aussi bien aujourd’hui que durant les précédentes périodes de migration. Autrefois qualifiés de «déracinés», les migrants sont désormais appelés, avec plus de sensibilité, des « transnationaux », le résultat d’études soulignant la façon dont les migrations internationales ignorent les frontières nationales pour établir tout un ensemble de connexions transfrontalières dynamiques. Aucun mur, peu importe où qu’il soit érigé dans le monde, ne dissuadera une telle tendance.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’amélioration des taux d’alphabétisation, des transports, des TIC et des infrastructures publiques au cours du siècle dernier a influencé de façon significative la migration et la connectivité sociale transnationale et vice-versa.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les envois de fonds par les migrants vers les pays en développement sont substantiels (deuxième plus grande source de financement du développement après les investissements directs étrangers), ils sont en hausse (augmentation de près de 100 % entre 1999 et 2004), ils sont stables (avec moins de volatilité que les flux du marché des capitaux ou l’aide au développement) et ils ne nécessitent pas le paiement d’intérêts ou d’indemnités forfaitaires. Les envois de fonds ne pourront toutefois, à eux seuls, éliminer les obstacles structurels à la croissance économique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon une vision plus optimiste, les migrants serviraient de passerelles ou de connecteurs, permettant l’accès aux marchés, aux sources d’investissement et à l’expertise, tout en contribuant à instaurer un débat public, à articuler des plans de réforme et à mettre en œuvre des réformes et de nouveaux projets. La perspective selon laquelle les migrants perdraient les liens avec leur identité d’origine fait désormais place à la nouvelle réalité des individus agrégeant de nouvelles identités à leurs originaux. Les migrants sont en train d’acquérir des compétences cosmopolites. Ils vivent à l’ère de Skype, de Viber et de WhatsApp.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’écrasante majorité de la population mondiale obtient sa nationalité de son lieu de naissance. Il n’y a pas de doute que, dans le monde inégal d’aujourd’hui, le fait d’avoir une nationalité donnée offre à certains des privilèges et des opportunités qui sont refusés à d’autres. L’obtention de privilèges selon de tels critères, somme toute, arbitraires va à l’encontre de la pratique dans presque toute autre forme de vie sociale organisée. Il existe de nombreux exemples de lois appliquées à travers le monde pour assurer l’égalité des chances. Le droit acquis à la naissance est-il une sorte de droit comme l’héritage, ou plutôt une loterie?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au vu des arguments avancés ci-dessus, vous constaterez que la migration semble être coincée dans une catégorie qui ne suit ni la logique, ni les droits, ni même la décence. Il faut sortir de ce dilemme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les institutions africaines devraient-elles ouvrir la voie? L’Afrique peut-elle donner l’exemple?&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;*Basé sur mon discours prononcé durant la 27&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; session du Conseil Exécutif de  l’Union africaine à Kigali, le 13 juillet 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Fri, 15 Jul 2016 06:08:44 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>L’économie bleue en Afrique : Une opportunité à ne pas rater*</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-06-20T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;20 Juin 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/blue_economy_pic.jpg?itok=fUwrEJ9Y&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;L’économie bleue en Afrique : Une opportunité à ne pas rater&quot; title=&quot;L’économie bleue en Afrique : Une opportunité à ne pas rater&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Le « monde bleu » se compose en Afrique d’un vaste réseau de lacs, de rivières et d’étendues marines riches en ressources naturelles. Trente-huit des 54 pays que compte l’Afrique sont des États côtiers. Plus de 90 % des importations et des exportations africaines transitent par la mer, et plusieurs des corridors commerciaux les plus stratégiques de la planète sont situés en Afrique, renforçant le poids géopolitique du continent. Les eaux territoriales sous juridiction africaine totalisent quelque 13  millions de kilomètres carrés, et le plateau continental s’étend sur environ 6,5 millions de km². Avec une superficie d’à peine 1 850 km², Maurice est l’un des plus petits pays d’Afrique et au monde, mais ses eaux territoriales en font un pays de 1,9  million de km², la taille de l’Afrique du Sud. Autrement dit, sous la mer existe une autre Afrique. C’est donc à juste titre que l’Union africaine qualifie l’économie bleue de « nouvelle frontière de la renaissance de l’Afrique ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les étendues marines et aquatiques de l’Afrique deviennent un thème incontournable du discours politique ; les ressources naturelles qu’elles recèlent sont largement sous-exploitées, mais leur contribution potentielle à un développement durable et inclusif est désormais reconnue. Le « monde bleu » est plus qu’un paramètre de l’économie — il appartient au patrimoine géographique, social et culturel de l’Afrique. Pour le mettre au service de l’Afrique d’aujourd’hui et de demain, il importe de mieux réaliser les immenses potentialités d’un investissement et d’un réinvestissement dans les domaines marin et aquatique du continent, et les bénéfices à tirer du paradigme d’un développement bleu durable qui tournerait le dos aux prélèvements illégaux, à la dégradation de l’environnement et à l’épuisement des ressources naturelles. Exploitée à fond et correctement gérée, l’économie bleue peut constituer une source de richesse capitale, et catapulter le continent sur la voie du développement durable.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les économies africaines continuent de croître à un rythme remarquable, grâce notamment à l’exploitation et à la commercialisation des abondantes ressources naturelles terrestres dont est doté le continent. Mais il faut penser autrement si l’on veut convertir cette croissance en progrès durable, associant répartition inclusive de la richesse et respect de l’environnement, et prenant en considération les plus grandes exigences sociales. Cette ambition implique aussi la création d’emplois de qualité pour répondre à la croissance démographique, grâce à une diversification de l’économie et à des stratégies explorant les nouvelles frontières du développement et de l’innovation. L’économie bleue en offre l’occasion. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime par exemple que l’énergie renouvelable des océans pourrait satisfaire 400 % de la demande mondiale actuelle d’électricité. En 2010, selon d’autres estimations, le chiffre d’affaires des activités liées au monde de la mer s’est élevé à 1  500  milliards d’euros, et il se montera chaque année à 2 500 milliards d’euros à l’horizon 2020. L’Afrique doit à l’évidence adopter des stratégies holistiques et cohérentes pour exploiter le plein potentiel de l’économie bleue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’économie bleue peut jouer un rôle essentiel dans la transformation structurelle de l’Afrique, la croissance économique durable et le développement social. Elle concerne toutes les étendues d’eau, y compris les lacs, les cours d’eau et les nappes souterraines, sans oublier les mers et les côtes. Les principales branches de l’activité économique de l’Afrique basée sur les ressources marines et aquatiques sont aujourd’hui la pêche, l’aquaculture, le tourisme, les transports, le secteur portuaire, le secteur minier et le secteur de l’énergie. Mais l’approche de l’économie bleue insiste aussi sur les interconnexions entre ces activités et les autres secteurs, elle prend en compte les filières émergentes et porteuses d’avenir, et elle intègre d’importantes considérations sociales comme l’égalité hommes-femmes, la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau, la réduction de la pauvreté, la préservation des ressources ou encore la création d’emplois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’approche du développement de l’économie bleue que nous prônée dans la nouvelle publication de la CEA* se fonde sur un usage durable et une gestion conservatoire des écosystèmes aquatiques et marins et des ressources qui leur sont associées. Elle se réfère aux principes d’équité, de faible bilan carbone, d’efficacité énergétique, d’inclusion sociale et de développement sur une base élargie, avec la création d’emplois comme centre de gravité. Elle mise sur un processus déterminé de coopération et d’intégration régionales, elle considère la transformation structurelle du continent comme un impératif du développement de l’Afrique, et elle préconise une rupture totale avec les modèles de développement enclavé. Au contraire, en améliorant ses connexions avec les autres secteurs d’activité, l’économie bleue consacre les secteurs liés aux mers et aux eaux comme chaînon des services écosystémiques intégrés, basé sur l’exploitation des ressources biologiques et non biologiques, au bénéfice de tous les États qu’ils soient côtiers, insulaires ou enclavés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ses ressources biotiques doivent inciter l’Afrique à développer la pêche, l’aquaculture et la mariculture, et elles ouvrent de prometteuses perspectives aux industries chimiques, pharmaceutiques et cosmétiques. L’extraction minière et les nouvelles sources d’énergie sont les fondements d’une industrialisation basée sur l’exploitation des ressources naturelles, et elles placent l’Afrique au cœur du commerce mondial des produits à valeur ajoutée, au lieu du rôle de simple fournisseur de matières premières brutes. Au cœur de ce scénario figure la nécessité de moderniser la logistique et le transport maritimes, les infrastructures portuaires et ferroviaires. Il s’agit d’améliorer leur fiabilité et leur efficience, avec le souci de tisser des liens entre l’économie du continent et les chaînes de valeur nationales, régionales et mondiales, tout en promouvant le tourisme et les activités de loisirs, pour ne citer que ces secteurs. L’Afrique offre de salutaires exemples de coopération aboutie entre pays maritimes, côtiers et riverains, ou de résolution pacifique des litiges. Ces modèles comptent des cas de délimitations et démarcations transnationales du domaine maritime. Une approche collaborative de la mise en œuvre de l’économie bleue permettra une formulation commune d’une vision partagée de la transformation socioéconomique du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’approche de l’économie bleue comme moteur du développement est inscrite dans le projet de l’Union africaine intitulé « Agenda 2063 — L’Afrique que nous voulons ». Nous observons que de plus en plus d’États africains formulent des stratégies d’économie bleue pour diversifier leurs économies et catalyser la transformation socioéconomique, en se basant sur leur expérience acquise de mise en œuvre des principes de l’économie verte pour une transition vers une économie bas carbone.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Basé sur l’avant-propos de *&lt;a href=&quot;http://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/blue_economy_policy_handbook_fre.pdf&quot;&gt;L’économie bleue en Afrique : guide pratique&lt;/a&gt;. Une version abrégée de ce blog a été publiée, en anglais, par le Centre de développement de l’OCDE &lt;a href=&quot;https://oecd-development-matters.org/2016/06/07/africas-blue-economy-an-opportunity-not-to-be-missed/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://oecd-development-matters.org/2016/06/07/africas-blue-economy-an-opportunity-not-to-be-missed/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 20 Jun 2016 06:27:39 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Il ne nous faut surtout pas laisser échouer la Zone de libre-échange continentale </title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-05-24T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;24 Mai 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/african-trade-focus2.jpg?itok=hezdhlLX&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Il ne nous faut surtout pas laisser échouer la Zone de libre-échange continentale &quot; title=&quot;Il ne nous faut surtout pas laisser échouer la Zone de libre-échange continentale &quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Le lancement du processus de négociation de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) par les dirigeants de l’UA en juin 2015 à Johannesburg, marque un jalon important. Une fois qu’elle sera mise en place, la Zone de libre-échange couvrira plus d’un milliard d’habitants, avec un PIB continental de plus de 3 000 milliards de dollars des États-Unis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La bonne mise en œuvre de la ZLEC permettra aux membres de réaliser leur potentiel de développer et d&#039;intensifier le dynamisme du commerce intra- africain, notamment l&#039;objectif déclaré d&#039;accroître le commerce intra-africain de 50 % d&#039;ici 2022. Le commerce entre pays africains s’élève actuellement en moyenne à 16 %, alors que le commerce entre pays est de 70 % pour l’Europe, de 50 % pour l&#039;Asie et de 21 % pour l&#039;Amérique latine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est un fait que la structure des échanges intra-africains est beaucoup plus diversifiée que celle des échanges extra africains, avec le secteur manufacturier représentant 67 % des exportations, contre 32 % pour les exportations vers l&#039;Europe, 18 % vers les États-Unis et 14 % vers la Chine. Stimuler le commerce intra-africain est donc d’une importance cruciale pour assurer la transformation structurelle, des emplois productifs et une croissance inclusive pour l&#039;Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce potentiel ne peut être exploité en raison de la structure tarifaire actuelle qui fait qu&#039;il est moins coûteux pour les pays africains d&#039;exporter vers un partenaire commercial extérieur que vers un pays du continent. Le niveau de protection tarifaire en Afrique s’élève en moyenne à environ 8,7 %, mais il est de 2,5 % seulement pour le reste du monde. Ce problème sera aggravé du fait de l’évolution actuelle vers des accords commerciaux réciproques mais asymétriques, tel qu&#039;impliqué par la pleine application des Accords de partenariat économique (APE), conclus récemment. Si les APE sont pleinement appliqués avant l’entrée en vigueur de la ZLEC, il sera toujours relativement plus intéressant pour les pays africains d&#039;exporter vers l&#039;Europe que vers un autre pays, ce qui aura pour effet de renforcer un régime commercial qui n&#039;a guère évolué au cours des six décennies qui ont suivi les indépendances.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, selon une modélisation économique effectuée à la CEA, les méga-accords commerciaux régionaux (MIRTA) à savoir, le Partenariat transpacifique des pays du pourtour du Pacifique, le Partenariat économique global régional des pays asiatiques, le Partenariat transatlantique de commerce et d&#039;investissement entre l&#039;Europe et les États-Unis – pourraient faire perdre aux pays africains des parts de marché du fait de l&#039;érosion des préférences et des pressions de la concurrence. Le déclin programmé du commerce africain dans ces régions, ne sera atténué que si l&#039;Afrique met en œuvre ses propres méga-accords commerciaux régionaux sous la forme de la ZLEC. Nous devons être réalistes : il est maintenant évident que les réformes du commerce mondial menées dans le cadre du Cycle de négociations de Doha sous l’égide de l’OMC, ne se concrétisent pas. Voilà pourquoi l&#039;Afrique doit agir et le faire maintenant. La question est donc : est-ce que nous agissons assez rapidement ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La date indicative pour la finalisation de la ZLEC est octobre 2017. Beaucoup de progrès ont été accomplis pour préparer la voie aux négociations, il faut néanmoins une stratégie bien conçue pour la gestion des négociations de la ZLEC, si nous voulons respecter la date butoir. Prenant en considération le fait que 54 pays participent aux négociations, chacun avec des capacités et des intérêts différents, la tâche ne sera pas aisée. Les accords devraient avoir une large portée, couvrir le commerce de biens, le commerce des services, l&#039;investissement, les droits de propriété intellectuelle et la politique de la concurrence. C’est une grande ambition. Il ne s’agit de rien de moins que d’instaurer un régime commercial panafricain unique à partir des régimes actuels multiples et qui se chevauchent, si nous avons à l’esprit la formation éventuelle d&#039;une union douanière à l&#039;échelle de l&#039;Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si l&#039;Afrique veut réussir, elle a vraiment besoin d&#039;une stratégie. Quelle forme cette stratégie devrait-elle prendre ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Premièrement, il est nécessaire d&#039;avoir un projet de modèle d&#039;accord qui servira de base aux négociations. Cela permettra de gagner un temps considérable car les États membres n’auront pas à élaborer et à échanger des projets de textes de négociation, mais travailleront plutôt à partir d&#039;un modèle panafricain exprimant les aspirations du Traité d&#039;Abuja. Compte tenu des différences actuelles considérables en ce qui concerne la capacité technique de négociation, un projet de modèle d’accord permettra d’uniformiser les règles du jeu en veillant à ce que chaque pays ait la possibilité d&#039;étudier et de revoir ce modèle d&#039;accord et de formuler des positions de négociation en connaissance de cause. Cela aidera à réaliser le consensus et à atteindre un niveau d&#039;ambition plus grand que ce qui a été observé récemment.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Deuxièmement, le projet de modèle d&#039;accord devrait inclure les huit principales étapes qui peuvent être facilement effectuées d&#039;ici à octobre 2017 : i) un accord sur le commerce de biens, qui est la condition sine qua non pour qu’une quelconque zone de libre-échange puisse techniquement exister ; ii) un accord-cadre sur le commerce de services, en raison de l&#039;importance des services pour le commerce de biens et leur poids de plus en plus important dans le PIB continental, avec un programme convenu pour la libéralisation progressive des divers secteurs de services ; iii) un accord spécial sur l&#039;agriculture ; iv) un pilier industriel pour s’assurer que des dispositions spéciales soient incluses dans l&#039;accord, conformément à l&#039;impératif de développement industriel ; v) des règles, dès le départ pour un domaine d&#039;investissement commun afin de compléter une zone commerciale de libre-échange à l&#039;échelle de l&#039;Afrique; donner la priorité aux liens en amont et en aval englobant à la fois l&#039;agriculture et l&#039;industrie et éviter le nivellement par le bas à mesure que les pays africains rivalisent pour offrir des incitations à l&#039;investissement ; vi) des recours commerciaux et des mécanismes de règlement des différends, notamment un cadre de politique en matière de concurrence, dès le départ, pour réglementer les pratiques commerciales déloyales ; vii) des dispositions sur la facilitation du commerce et la coopération douanière afin d’améliorer l&#039;efficacité aux frontières et viii) des arrangements institutionnels pour la mise en œuvre, qui exigeront la création d&#039;un secrétariat de la ZLEC chargé de surveiller la mise en œuvre de l&#039;accord.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est faisable, encore que faire de la ZLEC une réalité ne soit pas une entreprise facile. Mais l&#039;utilisation d&#039;un projet de modèle d’accord durant les négociations, augmentera les chances de succès et permettra d&#039;atteindre l&#039;objectif plus rapidement. Cependant, pour assurer la crédibilité politique, une telle approche requiert un soutien institutionnel à un haut niveau.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une décision politique est nécessaire pour faire en sorte que les négociations de la ZLEC aient la priorité sur toutes les autres négociations commerciales intra-africaines et extra-africaines. Cela permettra d&#039;atténuer les pressions sur les capacités et les ressources financières mais également et surtout, de s&#039;assurer que le processus de la ZLEC aboutisse à un résultat panafricain, avec un espace économique unique et des règles communes en matière de commerce et d&#039;investissement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le temps presse pour l’Afrique. Si le premier projet phare de l&#039;Agenda 2063 venait à ne pas se matérialiser, nous nous retrouverions dans de très graves difficultés. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 24 May 2016 05:58:06 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Ils ne croient pas en l’avenir !</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-02-25T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;25 Février 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/african-currencies.png?itok=CycjNFte&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Ils ne croient pas en l’avenir !&quot; title=&quot;Ils ne croient pas en l’avenir !&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;À n’en pas douter, l’effet domino de la forte réduction de leurs taux d’intérêt par cinq banques centrales – à savoir celle du Danemark, celle de la Suisse, la Banque centrale européenne, la banque du Japon et, plus récemment, celle de la Suède – pour les ramener à des niveaux négatifs a fait frissonner plus d’un. Considérée comme une tentative désespérée pour stimuler la croissance en encourageant les dépenses et pénalisant l’épargne, l’instauration de taux d’intérêt négatifs s’explique en fait beaucoup plus par la non-viabilité d’un modèle de dépenses publiques conçu pour une courbe démographique qui n’existe plus. On voit apparaître aujourd’hui une population vieillissante comprenant un nombre insuffisant de personnes actives. De plus, celles-ci n’ont qu’une faible productivité. Cela étant, le monde semble étreint par la peur psychologique d’une autre crise mondiale de la dette qui se profile à l’horizon, ce qui n’est guère surprenant. En effet, les analystes et les autorités politiques refusent de discuter de l’évolution de la population, la réalité étant très difficile à concilier avec le populisme et leurs intérêts de courte durée.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Depuis une dizaine d’années, la croissance semble se déplacer vers les économies émergentes, mais tout à coup les pays membres des BRICS – à une exception près, à savoir l’Inde – se sont engouffrés dans les mêmes modèles auxquels ils s’opposaient. Ce n’est donc pas par hasard que ces pays eux aussi, à l’exception de l’Inde justement, vont voir diminuer leur population active dans un proche avenir.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dans ce tourbillon, la croissance devra cependant venir de quelque part. En Afrique, elle est tirée par des investisseurs qui recherchent de gros bénéfices et des débouchés qu’offrent un certain nombre de grandes tendances, notamment le nombre appréciable des consommateurs qui sera presque égal à celui de l’ensemble de la population des Amériques et de l’Europe à l’horizon 2025, la progression de la classe moyenne conjuguée à une urbanisation rapide qui engendre des consommateurs enthousiastes dont les dépenses devraient s’élever à environ 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2020 et l’existence d’une population jeune qui constituera plus d’un quart de la population active mondiale à l’horizon 2050.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En plus des réformes que l’Afrique a entreprises, son secteur financier est parvenu à maturité et suscite dès lors un grand intérêt pour ses obligations souveraines, lesquelles sont aujourd’hui au cœur de la réflexion sur la viabilité de la dette du continent. Cette évolution, en particulier, fait naître des rumeurs sur l’imminence d’une nouvelle crise de la dette en Afrique. Selon sa définition communément admise, la viabilité de la dette s’entend de la possibilité pour un pays de s’acquitter de ses obligations présentes et futures en matière de service de la dette en entier sans recourir à des mécanismes d’allègement de celle-ci, sans solliciter son rééchelonnement ou sans accumuler d’arriérés.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il importe de replacer l’endettement antérieur de l’Afrique dans son contexte. Contrairement à l’idée répandue que beaucoup voudraient faire admettre, le surendettement que l’Afrique a connu autrefois n’était pas seulement le fruit de la mauvaise gouvernance, de la corruption ou des conflits qui y régnaient. Il était également dû à la géopolitique de la guerre froide, à la médiocrité des politiques budgétaires des pays industrialisés, à leurs taux d’intérêt réels négatifs qui incitaient les pays en développement à emprunter avec frénésie, ainsi qu’à la facilité d’accès au crédit – en particulier pour les pays exportateurs de pétrole – qui, à la lumière des événements ultérieurs, aidait vraisemblablement les pays industrialisés à s’adapter aux deux chocs pétroliers des années 70. Une interminable récession mondiale est venue provoquer l’effondrement des marchés et des cours des produits de base. Les fluctuations des taux de change ont fait gonfler les dettes de l’Afrique libellées en dollar. Comme si ce cocktail explosif ne suffisait pas, les politiques protectionnistes en vigueur sur les marchés mondiaux ont entravé les efforts de l’Afrique pour échapper au piège de l’endettement. La charge du service de la dette étant devenue trop lourde, un cercle vicieux s’est créé : les pays africains contractaient de nouveaux prêts pour rembourser les anciens. De fait, ils dépensaient plus pour assurer le service de la dette que pour toute autre catégorie de frais ou d’investissement. En 2012, ils consacraient encore environ 10 % de leurs recettes d’exportation au service de la dette extérieure, ce qui constituait une amélioration par rapport aux plus de 40 % des années 90.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Chose intéressante, le ratio de la dette extérieure totale au PIB du continent est en fait en baisse depuis le consensus de Monterrey de 2002 qui a enclenché le processus d’allègement de la dette par l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE) et l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM). Grâce à ces deux mécanismes, la dette extérieure de 35 pays africains a été annulée à hauteur de 100 milliards de dollars.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La dette extérieure totale de l’Afrique dépasse 30 % de son PIB depuis 2010 et, selon les projections, devait atteindre 37,1 % avant la fin de 2015. Toutefois, le ratio de la dette extérieure nette au PIB n’est que de 1 %, ayant même été négatif depuis 2006 en raison des réserves internationales de l’Afrique&lt;a href=&quot;#sdfootnote1sym&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Par exemple, celui de l’Algérie se chiffre en moyenne à -82,3 % depuis 2010.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En ce qui concerne le ratio de la dette publique totale au PIB de l’Afrique, les chiffres stagnent au-dessus de 30 % depuis 2006 et ont progressivement augmenté entre 2010 et 2014. Évalué à 38 % en 2014&lt;a href=&quot;#sdfootnote2sym&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, le ratio reste quand même plus faible qu’au cours des décennies précédentes. En outre, ce niveau d’endettement est comparable à celui d’autres pays en développement et bien inférieur à celui des économies avancées. Par exemple, la dette totale des pays membres de l’OCDE s’élevait à près de 80 % de son PIB en 2008 et était censée atteindre 111,2 % en 2015&lt;a href=&quot;#sdfootnote3sym&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Avec un ratio PIB/endettement de 230 %, le Japon est le pays le plus endetté du monde.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;D’où vient alors que d’aucuns parlent de pression de la dette ?&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Avant 2009, les obligations souveraines émises par les pays africains étaient négligeables. Aujourd’hui, leur montant s’élève à plus de 18 milliards de dollars. Ce chiffre ne revient cependant pas à dire que des gouvernements incompétents sont en train d’accumuler des dettes à des niveaux intenables, mais plutôt que des emprunteurs raisonnables profitent de la faiblesse des taux d’intérêt pour financer leur croissance. Le mal a été de ne pas tenir compte de la volatilité des taux de change et des marchés des changes. Les États africains devraient perdre jusqu’à 10,8 milliards de dollars, soit l’équivalent de 1,1 % du PIB de la région, sur les obligations souveraines qu’ils ont émises en 2013 et 2014, principalement à cause des risques de change.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L’évolution des fondamentaux macroéconomiques, tels que l’effondrement des cours des produits de base, peut aussi influer considérablement sur la dette souveraine&lt;a href=&quot;#sdfootnote4sym&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Celle-ci est tirée par les politiques monétaires asynchrones des économies avancées et puissantes. Tout défaut de paiement est toujours périlleux. En effet, si les États peuvent remettre des dettes, les investisseurs privés ne le font certainement pas et fixent des conditions plus rigoureuses pour faire en sorte que les échéances soient respectées. Il n’existe aucun mécanisme cohérent permettant de gérer de futures crises de la dette souveraine. Les mécanismes propres aux divers créanciers qui ont été utilisés pour faciliter les restructurations de la dette par le passé n’existent plus. Certes, le FMI a proposé un mécanisme de restructuration de la dette souveraine il y a plus de 10 ans, mais il n’existe toujours pas d’accord international sur ce sujet. Tout le monde s’accorde à dire que les règles en vigueur sont trop favorables aux créanciers, mais que la meilleure solution ne serait pas de pousser à la conclusion d’un accord international trop favorable aux emprunteurs. Tout accord mondial devrait donc établir un juste équilibre entre les créanciers et les emprunteurs&lt;a href=&quot;#sdfootnote5sym&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En fin de compte, l’endettement va s’aggraver dans les pays ayant un faible niveau de discipline budgétaire et ceux qui empruntent excessivement, mais ne pensent guère aux remboursements. Chaque État doit renforcer ses capacités de gestion de la dette et être soumis à l’obligation de rendre compte de l’emploi des fonds empruntés. À cet effet, tout projet d’emprunts nouveaux doit être examiné dans le cadre d’une stratégie générale de gestion de la dette souveraine à moyen terme.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Enfin, il y a lieu de faire preuve de souplesse dans la fixation des plafonds de la dette et l’évaluation de celle-ci. Les pays africains ne doivent pas être soumis à des contraintes ou des privations excessives. La viabilité de la dette ne peut être assurée que si toutes ses composantes sont traitées de façon globale lors de sa restructuration et si un mécanisme clair est mis en place pour amener toutes les parties prenantes à trouver un consensus sur les moyens de combler les failles de l’architecture financière. Il sera difficile aux pays riches de l’accepter, à moins qu’ils ne s’attaquent à leurs problèmes structurels réels créés par le vieillissement de la population.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Si la solution consiste à payer les banques pour qu’elles conservent l’argent, les pays de l’OCDE montreront qu’ils ne croient pas en l’avenir. L’Afrique ne peut s’offrir ce luxe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Cet article est paru en ligne sur NotreAfrik magazine le 23 février 2016 &lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.notreafrik.com/tribune-ils-ne-croient-pas-en-lavenir/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.notreafrik.com/tribune-ils-ne-croient-pas-en-lavenir/&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;p class=&quot;sdfootnote&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#sdfootnote1anc&quot; class=&quot;sdfootnotesym&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;/sup&gt; Communauté économique pour l’Afrique (2015), &lt;em&gt;L’industrialisation par le commerce&lt;/em&gt;, CEA, Addis-Abeba.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class=&quot;sdfootnote&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#sdfootnote2anc&quot; class=&quot;sdfootnotesym&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;/sup&gt; Données de l’Economist Intelligence Unit (2016).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class=&quot;sdfootnote&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#sdfootnote3anc&quot; class=&quot;sdfootnotesym&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;/sup&gt;&lt;em&gt;Global Finance Magazine&lt;/em&gt;, &lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;https://www.gfmag.com/global-data/economic-data/public-debt-percentage-dp?page=2&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.gfmag.com/global-data/economic-data/public-debt-percentage-dp?page=2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class=&quot;sdfootnote&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#sdfootnote4anc&quot; class=&quot;sdfootnotesym&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;/sup&gt; Hilscher, J. et Y. Nosbusch (2010), &lt;em&gt;Determinants of Sovereign Risk: Macroeconomic Fundamentals and the Pricing of Sovereign Debt&lt;/em&gt;, London School of Economics, Royaume-Uni.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class=&quot;sdfootnote&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#sdfootnote5anc&quot; class=&quot;sdfootnotesym&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;/sup&gt; Ibid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Thu, 25 Feb 2016 13:19:07 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Les conflits naissent des inégalités et de l’exclusion</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/les-conflits-naissent-des-in%C3%A9galit%C3%A9s-et-de-l%E2%80%99exclusion</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-02-01T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;1 Février 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/inequality_sro-sa.jpg?itok=NVkVE-db&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Les conflits naissent des inégalités et de l’exclusion&quot; title=&quot;Les conflits naissent des inégalités et de l’exclusion&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;LES CONFLITS NAISSENT DES INGÉALITÉS ET DE L’EXCLUSION&lt;a href=&quot;#_ftn1&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;[1]&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant un temps, notre enthousiasme face aux bons résultats économiques du continent a eu un effet contagieux à l’origine d’une certaine paresse chez nombre d’entre nous. C’était comme si la voie vers un nouveau statut du continent était toute tracée, même si nous étions quand même tous occupés par l’adoption de nombreux cadres et stratégies, centrés sur la nécessité d’une réelle transformation structurelle. Malheureusement, il est temps de revenir à la réalité. La résurgence de conflits, associée à la chute de la demande et des cours des produits de base, dont le pétrole, la forte volatilité des devises, la hausse des taux d’intérêt et l’essoufflement de locomotives économiques clefs, ainsi que le retour dévastateur du phénomène détesté d’El Niño, domine une fois de plus le discours sur l’Afrique. Tâchons de mettre les choses au point.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les paramètres fondamentaux de nos perspectives économiques sont bien là et ils n’ont pas changé. Nous continuons d’enregistrer les taux les plus élevés de croissance dans un contexte de récession mondiale. Nos réserves internationales ont certes connu une baisse, mais cela doit être mis en regard d’autres éléments: les niveaux de dette sont toujours bas à l’échelle internationale, les déficits publics restent sous contrôle, et les investissements en provenance de plusieurs sources – certes, pas de toutes. Des sommets tenus récemment avec l’Inde et la Chine, nos deux équivalents démographiques, ont apporté la preuve de la confiance dans notre avenir. La majorité des projets d’infrastructure n’a pas été touchée, qu’il s’agisse du nouveau canal de Suez, du plus gros barrage du monde en Éthiopie ou de fermes solaires d’envergure mondiale dans trois pays. En ce qui concerne l’économie, les nouvelles sont en réalité meilleures que celles que le plus grand nombre ne pourrait espérer. Où sont alors ces facteurs clefs qui ont fait retomber le discours dominant dans le passé ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il s’agit clairement d’une combinaison de deux facteurs: la perception d’une certaine fragilité et l’absence d’une transformation structurelle plus poussée, entendue comme la nécessité de parvenir à la fois à une productivité agricole supérieure, l’ajout de valeur aux ressources naturelles, la modernisation des services en lien avec l’explosion urbaine et le boom démographique des jeunes, sous l’effet moteur d’une industrialisation vigoureuse. C’est là tout l’objet de l’Agenda 2063.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des changements réels doivent être observes pour que l’Afrique jouisse d’un tout autre récit. C’est une occasion pour examiner une partie du discours sur le continent qui fait moins l’objet d’analyses stratégiques par les Africains eux-mêmes: les causes des conflits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Entre les premières heures de la journée du 11 avril et la fin d’après-midi du 14 mai 1994, 50 000 Rwandais ont été tués à la machette par leurs voisins sur les collines de Nyamata. Soit une fraction seulement de ce qui est aujourd’hui considéré comme le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre mondiale. Un génocide qui a coûté la vie à des centaines de milliers de Rwandais. Cette effroyable réalité nous oblige à comprendre comment cela a été possible. L’un de ceux qui ont pris part à ces tueries effroyables a raconté : « La règle numéro un était de tuer. La règle numéro deux… il n’en existait pas&lt;a href=&quot;#_ftn2&quot; title=&quot;&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt;».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment reconnaître ces terroristes qu’on appelle Al Shabbab, Boko Haram ou autres groupes qui commettent des carnages en République centrafricaine ou au Soudan du Sud et discerne-t-on un même code de conduite? Tuer sans remords? Y parvenir comme si c’est un métier qui vaut mieux que cultiver ou survivre à la périphérie, et s’offrir ensuite un bon verre et rire de la panique provoquée et de l’attention des médias. Comment cela peut-il se produire? Comment cela peut-il continuer à se produire?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’énormes écarts dans la répartition et l’exercice du pouvoir politique et économique engendrent des conflits violents, en l’absence de mécanisme politique visant à s’attaquer aux inégalités, ou en raison de l’échec de tels mécanismes. Les inégalités entre groupes, plutôt qu’entre individus, sont sans doute la première cause de conflits en Afrique. Elles se manifestent sur trois niveaux, qui se renforcent mutuellement: économique, social et politique. Des groupes relativement défavorisés cherchent réparation, ou sont persuadés par leurs dirigeants de le faire. Les groupes privilégiés peuvent aussi être encouragés à se battre pour préserver leurs privilèges. Les inégalités horizontales, lorsqu’elles sont marquées, systématiques et qu’elles augmentent avec le temps, sont les plus susceptibles de mener à des conflits. L’exclusion, qui est la forme extrême de l’inégalité, constitue l’un des principaux facteurs à l’origine des conflits. L’exclusion des jeunes mérite une attention particulière. L’existence de jeunes non instruits et au chômage est une caractéristique commune aux pays qui ont connu des conflits. Cette fraction de la population marginalisée et exclue figure au premier plan pendant le conflit, dans les rangs des combattants, et est moins visible en temps de paix.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Très souvent, les régions les plus riches en minéraux, en pétrole et en gaz et qui contribuent le plus au revenu national sont les plus pauvres du point de vue du développement social et du bien-être général. L’effondrement des institutions de l’État, qui se traduit par son inefficacité et son incapacité de fournir des services de base ou de garantir la sécurité, s’est avéré un facteur déclenchant important des conflits. La stabilité sociale est fondée sur un contrat social hypothétique entre les citoyens et l’État. Les gens acceptent l’autorité de l’État aussi longtemps que celui-ci fournit des services et procure des conditions économiques raisonnables. Avec la stagnation économique, le déclin ou la dégradation des services étatiques, le contrat social s’effondre et des violences sont susceptibles de se produire. La destruction des infrastructures achève de saper l’autorité de l’État. L’effondrement des institutions et des infrastructures matérielles, conjugué à l’utilisation de la violence ethnique, créé des conditions dans lesquelles la violence s’auto-entretient. Des éléments semblent indiquer que l’incidence du conflit est plus élevée dans les pays qui affichent des bas niveaux de revenu par habitant et d’espérance de vie et présentent de piètres opportunités économiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur les 54 États que compte l’Afrique, seuls huit n’ont pas connu de conflit armé ou violent depuis leur indépendance.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La guerre procure des avantages à certains et engendre des coûts qui peuvent motiver les gens à se battre. Les jeunes sans instruction, en particulier, peuvent obtenir un emploi comme soldat. La guerre offre également des occasions pour piller, tirer un profit des pénuries et de l’aide, du commerce des armes, et pour se livrer à la production et au commerce illicites du pétrole, ainsi qu’au trafic de stupéfiants, de diamants, de bois et d’autres matières premières. Lorsque les solutions de rechange sont peu nombreuses, du fait de la faiblesse des revenus et de la précarité des emplois, et que les possibilités d’enrichissement par la guerre sont considérables, l’incidence d’une guerre est susceptible d’être plus importante et sa durée plus longue. Cette « hypothèse de la cupidité » trouve son fondement dans la théorie des choix rationnels en matière d’économie. Très souvent, les dirigeants politiques s’emploient à délibérément « revisiter l’Histoire » afin de faire renaître ou de renforcer les identités culturelles dans la conquête du pouvoir et de la prise de contrôle des ressources, et justifient le recours à la violence par l’intérêt économique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La pression sur l’environnement peut être un sérieux catalyseur de la violence, surtout lorsque les gens cherchent des solutions à des situations désespérées, lorsque les richesses en ressources constituent pour des groupes particuliers de fortes motivations pour vouloir en prendre le contrôle. Cette situation est exacerbée par des transactions commerciales et financières illicites qui privent le continent de plus de cinquante à soixante milliards de dollars par an.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les résultats montrent que la performance économique des zones de conflit est en moyenne de 10 % inférieure à celle des zones sans conflit dans la plupart des catégories de performance du PIB. Une étude estime à 284 milliards de dollars (au taux de change constant de 2000) les pertes subies par 23 pays africains entre 1990 et 2005. Ce chiffre représentait alors une perte annuelle moyenne de 15 % de leur PIB. L’analyse régressive révèle une perte de croissance du PIB d’environ 2,2 % due aux conflits. En raison de l’interdépendance des économies africaines, les coûts de la guerre au sein d’une sous-région se traduisent généralement par des coûts économiques pour les pays voisins. Ces coûts comprennent les pertes de production consécutives aux pertes d’occasions à saisir résultant des migrations, les pertes commerciales, l’augmentation des coûts de sécurité et de maintien de l’ordre, ainsi que les coûts de l’aide apportée aux réfugiés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au Niger, la croissance du PIB réel s’est ralentie, s’établissant à 3,6 % en 2013, après une hausse de 11,1 % en 2012. Au Mali, la série d’événements causés par le déclenchement du conflit et la dégradation de la sécurité en 2012 ont conduit à une baisse d’au moins 30 % des ressources et dépenses publiques. En République démocratique du Congo, les investissements intérieurs en pourcentage du PIB ont fortement chuté, ramené de 31,6 % en 1997 à 17,7 % en 1998, et ont atteint leur niveau le plus bas, 2 %, en 2000. La production de pétrole en Libye est passée à moins de 400 000 barils par jour, contre environ 1,7 million de barils par jour avant le conflit armé. En conséquence, le PIB s’est contracté d’environ 24 % en 2014. Les comptes publics devraient afficher un déficit d’environ 80 % du PIB en 2015, celui du compte courant dépassant 60 % du PIB.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le message est sans équivoque. La priorité pour l’Afrique consiste à s’attaquer de toute urgence aux causes des conflits, sinon tout le monde paiera le prix lié à la perception de la fragilité. Il est vrai que les pays d’Europe, d’Asie ou d’Amérique n’ont été stabilisés qu’après de longues guerres provoquées par les mêmes ingrédients de l’exclusion. Ces pays ont évolué, parvenant par la suite à mettre en place des institutions plus solides, des marchés réglementés et à créer une situation plus stable en termes de sécurité. Mais il est aussi vrai qu’à cette époque, il n’y avait pas de couverture universelle en matière de téléphonie ou de médias mondiaux. Un continent connaissant plus de conflits et de personnes touchées que l’Afrique actuellement continue d’être caractérisé par le progrès et le changement: je parle de l’Asie. Si l’Afrique veut en faire de même, il lui faudra plus d’audace, un cadre de sécurité commun, et elle devra honnêtement accepter de relever les défis que sont l’exclusion et la gestion de la diversité. C’est en effet la seule façon de lutter contre les perceptions fortement ancrées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La règle n°1 – de tuer – sans qu’il y ait une règle n°2 reste une cause de mobilisation encore beaucoup trop importante sur le continent. L’Afrique a besoin de se concentrer sur le « pourquoi » et ne pas laisser cette mentalité de virus annihiler les réalisations des quinze dernières années.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre le phénomène, nous pouvons nous inspirer de l’évolution d’un virus. Un virus est essentiellement un micro-agent infectieux qui se reproduit uniquement à l’intérieur des cellules vivantes d’autres organismes. Les virus peuvent infecter toutes les formes de vie. Lorsqu’ils ne sont pas à l’intérieur d’une cellule infectée ou en train d’infecter une cellule, les virus existent sous forme de particules indépendantes. Ils se propagent de plusieurs façons différentes, mais ont un mode opératoire. On sait qu’un virus peut venir de très loin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La bonne nouvelle est que les infections virales chez les êtres humains provoquent une réponse immunitaire qui élimine généralement le virus à l’origine de l’infection. Les réponses immunitaires peuvent également être induites par des vaccins qui confèrent une immunité acquise artificiellement contre une infection virale donnée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Soit l’Afrique a déjà une forte immunité pour lutter contre les effets viraux de ces groupes terroristes, de par la force de ses institutions et de ses capacités, soit elle doit développer de toute urgence un vaccin pour se prémunir des dégâts causés par ces groupes. Un tel vaccin pourrait s’appeler « antidote à l’exclusion ».&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;&lt;hr align=&quot;left&quot; width=&quot;33%&quot; size=&quot;1&quot; /&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref1&quot; title=&quot;&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt; Se referrer à mon discours prononcé lors de la 26ème session du Conseil exécutif de l’Union africaine du 25 janvier 2016, à Addis-Abeba&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref2&quot; title=&quot;&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt; Voir Jean Hatzfeld, &lt;em&gt;Une saison de machettes&lt;/em&gt;, Seuil, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 01 Feb 2016 06:35:21 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Le ralentissement du super cycle des produits de base constitue-t-il un choc pour l’Afrique?</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-12-28T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;28 Décembre 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/commodities_pict2.png?itok=371QvYgQ&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Is the Commodities super cycle slowdown a shock for Africa?&quot; title=&quot;Is the Commodities super cycle slowdown a shock for Africa?&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;La chute des cours des matières premières a appelé de nouveau l&#039;attention sur le maintien à long terme de la croissance en Afrique. Pendant plus d&#039;une décennie, la forte demande et la hausse des prix des produits de base africains ont considérablement stimulé la croissance sur le continent. Cependant, depuis 2011, la baisse continue des cours du pétrole et du gaz naturel, et, plus récemment, d&#039;autres minéraux, risque de transformer le vent en poupe en vents contraires. Reflux de la demande dans les grandes économies émergentes, conjuguée à la fragilité croissante des économies développées, volatilité de la monnaie et recul de la confiance : autant de facteurs qui commandent de procéder à un examen objectif de la situation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L&#039;indice mondial des prix des produits de base a fortement régressé, passant de 125-150 entre août et décembre 2014 à moins de 103 en octobre 2015. Les prix du pétrole brut ont dégringolé de plus de 100 dollars le baril en septembre 2014 à moins de 50 dollars le baril en septembre 2015. Les cours des métaux poursuivent leur tendance à la baisse, s’établissant en dessous de 125 dollars en août 2015. En fait, certains analystes estiment que les prix des minéraux et des métaux sont actuellement à leur plus bas niveau depuis août 2002. Les compagnies minières tentent de dissiper les craintes de pertes de profits réduisant la production. Certaines estimations laissent entrevoir des réductions des dépenses d’équipement de près de 20 milliards de dollars en 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du Nigeria  à la Zambie, en passant par l&#039;Angola ou l&#039;Afrique du Sud, la baisse des prix des produits de base décélère la croissance, une situation dont les répercussions se font sentir sur la vie quotidienne. Selon les estimations de septembre 2015, les monnaies africaines étaient en baisse de plus de 20 % face au dollar des États-Unis. Dans un effort visant à réduire sa dette globale de 30 milliards de dollars et de rétablir la confiance des investisseurs, Glencore, la société multinationale anglo-suisse de négoce de matières premières et d&#039;exploitation minière, a réduit de 500 000 tonnes sa production de zinc et suspendu l’extraction de cuivre dans son unité minière du Katanga, en République démocratique du Congo, et ses mines de cuivre de Mopani en Zambie. Ces mesures ont conduit au retrait de 400 000 tonnes de cuivre du marché. Le ralentissement en Chine est considéré comme la principale cause de cette évolution spectaculaire de la demande. Mais la réalité est certainement plus complexe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les pays africains ne sont pas les seuls exposés à ces intempéries. Les économies traditionnelles et émergentes sont également victimes du malaise grandissant. Le Brésil est confronté à des déficits commerciaux estimés à 40 milliards de dollars, contre un excédent commercial de 20 milliards de dollars en 2010. La Russie connaît des défis similaires, avec une croissance de seulement 0,5 % en 2014, aggravés par les tensions géopolitiques et les sanctions qui y sont associées. La Colombie, la Turquie, le Mexique et le Chili ont tous vu leur monnaie se déprécier entre 20 % et 50 % par rapport au dollar. Les marchés boursiers ont réagi à la baisse des prix par la dégringolade des cours, certaines étant souvent fortes. Mais de loin, le phénomène ayant eu plus d’impact reste le ralentissement de la croissance en Chine, la plus faible en un quart de siècle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les pays africains continuent de résister. En dépit du fléchissement des prix des matières premières, la dynamique de croissance, estimée à un niveau supérieur à la moyenne mondiale et des pays en développement, soit près de 4  % en 2015, devrait se poursuivre. L&#039;analyse montre que l&#039;incidence de la récente baisse des cours du pétrole sur la croissance de l&#039;Afrique a été moins fortement ressentie que prévu. La baisse des prix du pétrole a eu un impact négligeable. En fait, la croissance de l&#039;Afrique s’explique surtout par la demande intérieure et l&#039;amélioration de la gestion macroéconomique. Les progrès enregistrés dans la croissance économique et l’augmentation de richesse contribuent à la croissance projetée des actifs de l’Afrique d’environ un milliard de dollars d&#039;ici à 2020. Cela représente une hausse équivalente à près de trois fois le résultat total de 293 milliards de dollars enregistré en 2008, selon les dernières recherches effectuées par Pricewaterhouse Coopers dans douze  pays africains. En effet, les actifs sous gestion traditionnels de l&#039;Afrique connaissent une expansion dynamique, stimulée par des mégatendances telles que la poussée démographique, la croissance de classe moyenne, l&#039;utilisation accrue de la technologie et l&#039;urbanisation rapide.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais le fait demeure qu’une bonne part des richesses de l’Afrique continue de dépendre du secteur des produits de base. Les matières premières représentent encore plus de 80 % des exportations africaines, les industries extractives se taillant la part du lion. La valeur ajoutée apportée dépasse à peine 10 %. Les emplois dans le secteur formel créés par l&#039;exploitation minière représentent 1 % sur le continent. Ces deux éléments sont évidemment liés, l&#039;Afrique exportant ses produits et ses emplois simultanément. Le continent a peu fait pour inverser une telle situation épouvantable. Il se doit de faire face à sa main d’œuvre sans cesse croissante, et vite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Réveillée par le super cycle de chute des cours des produits de base, le moment est venu pour l&#039;Afrique d&#039;accélérer son industrialisation fondée sur les produits de base, comme l’y encourage la Commission économique pour l&#039;Afrique. En effet, la Commission préconise une politique d&#039;industrialisation qui repose sur les ressources abondantes du continent et la réorganisation du processus global de production. Cela implique l&#039;ajout de valeur aux produits de base, l&#039;amélioration de leur intégration en amont et l’établissement de liens entre les chaînes de valeur mondiales et les autres secteurs de l&#039;économie. Outre la création d’emplois, de revenus, de bénéfices pécuniaires et non pécuniaires, les pays africains, en ajoutant de la valeur à leurs matières premières au plan local, peuvent aussi assurer la diversification des capacités technologiques, l’élargissement des compétences disponibles et l&#039;approfondissement des structures industrielles de chaque pays.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À court terme, il serait nécessaire d&#039;avoir un indice de matières premières qui reflète véritablement le poids des produits de base du continent dans son PIB et les impacts de ses projets fondés sur les réalités africaines plutôt que sur des approximations. Cela est important si on veut que le mauvais temps ne soit pas nécessairement synonyme de tempête. Les Africains connaissent parfaitement l&#039;importance de cette distinction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 28 Dec 2015 14:07:07 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>L’Afrique a besoin d’un développement inclusif</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-11-02T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;2 Novembre 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/green-economy.jpg?itok=MAQkKy11&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;L’Afrique a besoin d’un développement inclusif&quot; title=&quot;L’Afrique a besoin d’un développement inclusif&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;La croissance de l’Afrique tant vantée est une réalité. Que le continent réussisse à multiplier presque par trois son PIB en l’espace d’une quinzaine d’années est en soi un exploit remarquable. C’est toujours un exercice risqué de déterminer les causes d’une réussite, et il n’en est pas autrement dans le cas qui nous concerne. Dire que cet exploit en matière de croissance a été accompli grâce aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) est très partial. Affirmer qu’il s’est fait malgré les OMD serait absurde. La croissance de l’Afrique a été rendue possible par une combinaison de facteurs, certains internes, d’autres externes. Des tendances majeures telles que les changements démographiques, technologiques et environnementaux ont contribué de manière décisive à façonner l’avenir du continent. La marge de manœuvre politique offerte par le passage d’une ère d’ajustements structurels prescrits vers celle où l’Afrique peut « agir à sa façon » y a également beaucoup aidé. Davantage que l’aide publique au développement elle-même, c’est la réduction significative de la dette qui a changé les fondamentaux macroéconomiques. L’action du continent a bénéficié de la confiance apportée par de nouveaux partenariats établis avec des pays en développement à forte croissance, confiance qui a contribué à un changement d’attitude.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Or, ce que nous avons eu jusqu’à présent, c’est une croissance sans qualité. Les Africains célèbrent des potentialités plus que des résultats. Pour avoir des résultats, il faudrait insister sur la création d’emplois, l’inclusivité et la réduction de la pauvreté. Même si les OMD demeurent un travail inachevé pour l’Afrique, l’on ne saurait nier que le continent a réalisé des progrès rapides s’agissant de nombreux objectifs et cibles, en dépit d’une situation initiale défavorable.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Parmi les importants progrès accomplis figurent la représentation accrue des femmes dans les parlements nationaux, l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés dans le primaire, la réduction des écarts entre filles et garçons à ce niveau d’éducation, la réduction de la mortalité infantile et maternelle ainsi que de la prévalence des décès dus au VIH/sida ou au paludisme. En outre, des avancées notables au regard des indicateurs technologiques ont été enregistrées, le continent affichant des abonnements à la téléphonie mobile dépassant la moyenne mondiale et la croissance moyenne annuelle la plus rapide du nombre des utilisateurs d’Internet. L’Afrique se situe aussi en tête de classement vis-à-vis de nombreux indicateurs mondiaux de représentation féminine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            L’accroissement des inégalités peut être en partie attribué au peu d’attention accordée aux inégalités économiques et sociales dans les interventions liées aux OMD. L’expérience mondiale à ce jour montre que les inégalités ne s’autocorrigent pas; au contraire, elles se perpétuent et se reproduisent au fil des générations. Par conséquent, il faudrait que les efforts visant à remédier à la pauvreté extrême, à promouvoir le développement socioéconomique et à préserver les intérêts des générations futures s’attaquent franchement au problème des inégalités. C’est que ces dernières réduisent les capacités productives de ceux qui en souffrent et privent ainsi la société de contributions dont elle a tant besoin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            De toutes les inégalités, celles de revenu constituent sans doute la forme la plus marquée. L’Afrique, dont beaucoup de pays affichent une nette augmentation de ce type d’inégalités, est loin de faire exception à cet égard. Avec un coefficient de Gini moyen de 43,9 % sur la période entre 2000 et 2009, elle présente les inégalités de revenu les plus marquées de tous les continents, à l’exception de l’Amérique latine qui a eu une moyenne de 52,2 % au cours de la même période. En 2010, six des dix pays les plus inégalitaires dans le monde se trouvaient en Afrique, et plus spécifiquement en Afrique australe, qui apparaît comme la sous-région la plus inégalitaire du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Mais en dépit de ces fortes inégalités en Afrique, on assiste de plus en plus sur le continent à un recul du phénomène, quoiqu’à des degrés très variés suivant les pays. Sur un total de 35 pays africains sur lesquels on dispose de données, 13 (37,1 %) ont connu une augmentation des inégalités de revenu, tandis que 19 (54,3 %) ont enregistré une diminution de ces inégalités au cours de la période entre 1990 et 2012. En revanche, 58 % des pays d’Asie ont connu une aggravation des inégalités, contre 32,3 % où celles-ci ont diminué. Les pays d’Amérique latine aussi ont connu, au cours de cette période, une nette réduction des inégalités. Celles-ci se sont accrues dans 20 % des pays (4 sur 20) de la région, mais elles ont baissé dans 70 % des pays (soit 14 sur 20) dans la même région.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Pour inverser sa situation, l’Afrique devrait rompre avec la routine. Appliquer les mêmes politiques, et toujours davantage, n’est pas la solution. Il est largement admis aujourd’hui que le continent doive poursuivre des politiques industrielles agressives, seul investissement pouvant lui permettre à la fois de stimuler la productivité agricole, de tirer parti des dividendes démographique et urbain et de moderniser des économies trop dépendantes du secteur informel. C’est seulement alors que nous pourrons célébrer la croissance. Une croissance… de qualité!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Cet article est paru dans Libération le 30 septembre 2015:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/evenements-libe/2015/09/30/les-africains-celebrent-des-potentialites-plus-que-des-resultats_1394153&quot;&gt;http://www.liberation.fr/evenements-libe/2015/09/30/les-africains-celebrent-des-potentialites-plus-que-des-resultats_1394153&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 02 Nov 2015 06:31:19 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Le rôle des données massives dans l&#039;intégration régionale de l&#039;Afrique</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-08-03T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;3 Août 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/big-data.jpg?itok=2ZWFt9B3&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;The role of big data in Africa’s regional integration&quot; title=&quot;The role of big data in Africa’s regional integration&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;La réalisation par un jeune entrepreneur ougandais de son ambition de développer son entreprise de transformation du café sera bientôt à portée de main. Le processus d&#039;intégration accélérée de l&#039;Afrique de l’Est ouvre des possibilités naguère impensables. Notre jeune entrepreneur pourrait, dans quelques années, accéder à un marché ouest-africain de 350 millions de personnes, sans avoir ni à payer des droits de douane élevés ni à supporter des coûts de transport qui, actuellement, font qu’il est plus facile d&#039;exporter vers l&#039;Europe que vers d&#039;autres parties du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les initiatives visant à accélérer le rythme de l&#039;intégration régionale de l&#039;Afrique prennent de l&#039;ampleur. Elles consistent, entre autres projets, à établir une zone de libre-échange continentale d&#039;ici à 2017, à mettre en œuvre un plan d&#039;action pour stimuler le commerce intra-africain ainsi qu’à supprimer les obstacles au commerce en créant des zones de libre-échange et des unions douanières sous-régionales. Des mesures destinées à simplifier les procédures douanières, à favoriser la libre circulation des personnes et le développement d’infrastructures régionales sont également en train d’être mises en place. Le Traité d&#039;Abuja de 1991, dont l&#039;esprit a guidé la définition d’un objectif aussi ambitieux, est enfin pris au sérieux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Servant de catalyseur de mise en œuvre tant du programme de développement pour l’après-2015 que du propre programme de l&#039;Afrique, l’Agenda 2063, le commerce joue le rôle de plus en plus évident de vecteur du développement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt; Commerce formel et commerce informel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le commerce intra-africain formel représente, en moyenne, 14 % environ du commerce total de l&#039;Afrique. C’est faible, comparé à d&#039;autres régions. La part du commerce intrarégional dans les échanges est de 17 % en Amérique centrale et en Amérique du Sud, 42 % en Amérique du Nord, 62 % dans l&#039;Union européenne et 64 % en Asie. Le mot « formel » revêt ici une importance cruciale, car les échanges économiques qui se déroulent le long des différentes frontières africaines sont, en grande partie, informels.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La bonne nouvelle, cependant, est que les produits manufacturés représentent environ 46 % du commerce intra-africain formel. Preuve, s’il en est, de l&#039;énorme potentiel qui existe pour le développement des chaînes d&#039;approvisionnement sur le continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est possible de modifier la base d’une économie africaine principalement fondée sur la monoculture en ajoutant de la valeur aux biens produits sur le continent. Des gains de productivité et une compétitivité stimulée permettront de créer suffisamment d&#039;emplois pour les jeunes et la population en urbanisation rapide du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un effort, sans doute le plus audacieux à ce jour, pour recueillir des données sur les incidences de l&#039;intégration régionale, la Commission économique pour l&#039;Afrique, l&#039;Union africaine et la Banque africaine de développement ont conjointement mis au point un Indice africain d&#039;intégration régionale, qui peut servir aux gouvernements et au public en général de baromètre pour évaluer les résultats des pays et de leurs communautés économiques régionales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Faisant la synthèse de données tirées de plus de 70 indicateurs, l&#039;Indice permet de suivre les progrès et de situer les goulets d&#039;étranglement à surmonter. Il éclaire les décisions politiques et aidera dans les futures négociations commerciales. En appui à la mise en œuvre de l’Indice, la CEA forme des entités nationales et sous-régionales en Afrique à la collecte et à la surveillance de données.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des données de vol aux données tarifaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Compte tenu de la nouveauté de certains des indicateurs utilisés, des efforts sont également déployés pour normaliser les bases de données. L&#039;utilisation des techniques de « données massives » a permis de faire de l&#039;Indice un outil d’innovations méthodologiques d’avant-garde. Par exemple, les informations relatives aux compagnies aériennes, qui sont collectées pour constituer des ensembles de données sur les schémas de vol entre différents aéroports, sont utilisées pour le calcul des totaux de vols intra-africains. De même, des données sur les tarifs douaniers sont utilisées pour calculer les droits de douane moyens pondérés intra-africains.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la lumière des progrès réalisés dans le secteur des télécommunications, il est possible de sauter des étapes technologiques et d’exploiter des données massives tirées de contenus en ligne, de médias sociaux ou de satellites ou de la technologie de téléphonie mobile pour étayer des choix politiques. Grâce aux plus de 629 millions d&#039;utilisateurs de téléphonie mobile, les données de téléphone offrent une mine de renseignements pour les décideurs. Ces données font déjà une différence dans de nombreux domaines, de l&#039;aide humanitaire au suivi de la transmission des maladies et permettent d’indemniser en temps réel des agriculteurs ayant souffert de mauvaises récoltes dues aux conditions climatiques. Les systèmes africains d’opérations bancaires mobiles, non seulement, ont changé la façon dont les transactions financières sont effectuées sur le continent, mais ils deviennent aussi une référence pour le reste du monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malgré ces succès, il faudrait de nouveaux investissements pour tirer pleinement parti des possibilités offertes par les données massives. Des communautés d’utilisateurs de données sont actuellement constituées qui aideront à valider les entrées de données créées par des entités autres que les structures statistiques officielles. La possibilité d’actualiser l&#039;Indice africain d&#039;intégration régionale grâce aux données massives encouragera le type de surveillance et de responsabilité susceptible de galvaniser l’action publique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’existence de catalyseurs de données permettra aux entrepreneurs de déterminer sur quels marchés ils gagnent à s’engager. Elle sera aussi d’une importance vitale pour notre jeune Ougandais qui attend d&#039;exporter son café, aussi bien que pour l&#039;entreprise malienne qui prospère grâce à la production de coton ou pour l’usine de montage de véhicules BMW en Afrique du Sud. On ne peut prendre les bonnes décisions que quand on dispose des bonnes informations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt; Cet article a été publié en ligne, en anglais, dans International Trade Forum Magazine en juillet 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 03 Aug 2015 13:15:48 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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 <title>Financer la transformation de l’Afrique</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-07-14T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;14 Juillet 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/transformation2.png?itok=Ph9HLoxA&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Financer la transformation de l’Afrique&quot; title=&quot;Financer la transformation de l’Afrique&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Par Carlos Lopes et Amina J. Mohammed&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La course pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) touche à sa fin. Pour autant, les efforts vont encore redoubler car il faut désormais passer le relais au programme de développement pour l’après-2015. Ce dernier comprend des objectifs mondiaux intéressant l’humanité et la planète, que les dirigeants du monde devront adopter en septembre prochain aux Nations Unies. Dans quelle mesure l’Afrique est-elle prête à s’engager dans ce programme de développement universel révolutionnaire ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le continent a amorcé ces quinze dernières années une série de transformations. Bien que partis du point le plus bas des cibles des OMD, les pays africains ont accompli des résultats exceptionnels grâce à la volonté politique et à des efforts considérables. Si elle n’a pas atteint tous les objectifs, l’Afrique peut s’enorgueillir d’en avoir réalisé d’aussi importants que la réduction de moitié du pourcentage d’enfants de moins de 5 ans présentant une insuffisance pondérale ou la réduction considérable du nombre des décès dus au sida et au paludisme. Elle a également enregistré une forte croissance économique, 5 % par an en moyenne, soit un niveau constamment supérieur aux tendances mondiales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malgré ces progrès, il reste à l’Afrique de nombreux défis à relever si elle veut prendre une avance et la garder. Parmi ces défis, les plus pressants sont la mobilisation de l’énergie et du talent de ses populations, en particulier des jeunes et des femmes, et la réduction des inégalités croissantes ainsi que de la pauvreté et du chômage, qui tous freinent le potentiel productif du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certes, huit des dix pays les plus performants du monde en termes de croissance se trouvent en Afrique. Mais la croissance seule ne suffit pas. Il faut en plus un changement décisif - celui qui va transformer le continent et le mettre sur la voie d’une croissance porteuse de transformation et s’inscrivant en droite ligne de la vision énoncée dans l’Agenda 2063.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Afrique a besoin d’un nouveau paradigme politique permettant de créer des emplois et des moyens de subsistance, de donner aux femmes des moyens d’action et de doter la jeunesse de compétences essentielles. Il s’agit de conditions indispensables pour réduire la pauvreté et assurer à la cohésion sociale, la stabilité politique et la croissance productive. Le développement durable dépendra d’une transformation structurelle de l’économie reposant sur une base industrielle et agricole forte et soutenue par l’infrastructure, l’investissement dans les personnes et la protection de la planète. Ce sont les femmes, les jeunes et les personnes les plus vulnérables qui pâtissent le plus des pratiques non viables et qui sont les plus directement confrontés aux problèmes imbriqués d’eau, de nourriture et d’énergie. La croissance économique ne contribuera au progrès social que si l’environnement est protégé. C’est alors seulement que le continent pourra rivaliser équitablement avec d’autres sur le marché mondial, accroître sa part de la richesse mondiale et procurer des avantages concrets à ses populations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les priorités du continent définies dans la Position commune africaine sur le programme de développement pour l’après-2015 et dans l’Agenda 2063 concordent avec les objectifs de développement durable proposés. Ces instruments resteront, cependant, au stade de simple rhétorique si le continent ne trouve pas les moyens nécessaires à la transformation de cette vision en réalité. Ce qui fera véritablement la différence, c’est la satisfaction des besoins du continent en financement adéquat, prévisible et durable, qui permettra de tirer parti de l’occasion qui lui est offerte d’une transformation décisive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les besoins de financement pour le développement durable en Afrique sont élevés, mais un changement de paradigme permettra de réaliser la rupture nécessaire au déblocage des ressources pour financer cette transformation. Du fait de la diminution de l’aide au développement et du changement intervenu dans l’environnement mondial du financement du développement, on s’accorde à reconnaître que l’aide doit compléter les aspirations de développement de l’Afrique, et non pas s’y substituer, comme ce fut le cas dans le passé. La solution consiste à rechercher des sources de financement innovantes, en faisant appel à de nouveaux partenariats, à des instruments novateurs de mobilisation de ressources, au secteur privé et aux fonds de financement du climat.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour mobiliser des ressources financières au niveau national, il faudrait, entre autres mesures, élaborer des instruments de financement qui, comme les fonds de capital-investissement, permettent d’intégrer l’Afrique dans les marchés financiers internationaux et facilitent le commerce intra-africain ; renforcer le rôle des marchés obligataires, des fonds de pension et des fonds souverains pour stimuler les investissements ; améliorer l’environnement politique et réglementaire, ce qui implique des réformes de l’administration fiscale et des réformes juridiques, notamment celles de la législation sur l’investissement de fonds publics et les réserves de change internationales des banques centrales et des banques de réserve et créer les capacités humaines, technologiques et institutionnelles nécessaires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au niveau mondial, il convient de réformer la gouvernance économique et financière afin d’améliorer les conditions d’accès aux marchés de capitaux ; d’intensifier la coopération internationale en faveur de la transparence dans les industries extractives en Afrique ; de lutter contre la sortie illicite des capitaux, qui prive le continent chaque année d’au moins 50 milliards de dollars et d’élargir la marge de manœuvre budgétaire de l’Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La troisième Conférence internationale sur le financement du développement, l’adoption du programme de développement pour l’après-2015, notamment les objectifs de développement durable, et la conclusion d’un accord sur les changements climatiques, prévues respectivement en juillet, septembre et décembre prochains, revêtent à cet égard une importance cruciale. Ces événements offrent ensemble l’occasion de renouveler l’engagement universel d’éradiquer la pauvreté de manière irréversible, de lutter contre les inégalités et de protéger la planète, notamment grâce à des actions en faveur du climat qui placeront le monde sur une trajectoire ambitieuse de développement durable.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Afrique est prête. Elle a déjà les moyens ; ce qu’il lui faut à présent, c’est l’impulsion, l’ambition et la volonté d’amener la transformation à ses populations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Publié dans le journal Le Monde le 13 juillet 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 14 Jul 2015 14:41:15 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Minilik.Demissie</dc:creator>
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