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 <title>Blog de eskinder.tsegaye</title>
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 <title>La sûreté et la sécurité maritimes et le développement en Afrique</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-10-10T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;10 Octobre 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/ocean-blog.jpg?itok=RVJLS8hC&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Maritime Safety, Security and Development in Africa&quot; title=&quot;Maritime Safety, Security and Development in Africa&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;           L’Afrique regorge de ressources naturelles, en particulier de ressources aquatiques et maritimes, dont tout le potentiel n’a pas encore été exploité aux fins de la croissance économique et du développement durable. Les Grands lacs africains renferment la plus forte proportion d’eau douce de surface du monde (27 %), ce qui leur donne une grande importance stratégique à l’échelle mondiale, d’autant plus qu’ailleurs les ressources en eau douce s’amenuisent. De fait, le lac Victoria est le troisième plus grand lac d’eau douce du monde, tandis que le lac Tanganyika est le deuxième plus grand lac du monde en termes de volume et de profondeur. Les poissons d’eau douce et de mer apportent une contribution vitale à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 200 millions d’Africains et représentent une source de revenu pour plus de 10 millions d’autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Sur les 54 États que compte l’Afrique, 38 sont des États côtiers. Les zones maritimes sous juridiction africaine s’étendent sur près de 13 millions de km&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, y compris les mers territoriales, et environ 6,5 millions de km&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; du plateau continental. On voit donc que les deux tiers de la superficie de l’Afrique se trouvent sous la mer, ce qui est énorme ! L’un des océans qui baignent notre continent, à savoir l’océan Indien, est le troisième plus important du monde, étant la voie de passage d’une grande partie des échanges mondiaux transportés par bateau. En raison de la forte dépendance des pays africains à l’égard du commerce international, le transport maritime est d’une importance cruciale pour le développement économique de notre continent. Au demeurant, plus de 90 % des importations et des exportations africaines sont transportées par voie maritime et quelques-uns des axes les plus stratégiques du commerce international se trouvent en Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            C’est à juste titre que l’Union africaine, dans sa Stratégie maritime intégrée pour 2050, déclare que l’économie bleue ouvre de nouveaux horizons pour la renaissance du continent. Nos mers renferment un trésor caché qu’il nous faut dévoiler, protéger et exploiter afin de favoriser la transformation structurelle de notre continent. Le potentiel est d’une ampleur significative. En effet, l’économie maritime africaine représente aujourd’hui près de 70 % du PIB du continent, étant à l’origine des trois quarts environ des recettes budgétaires des États. En raison du développement des économies africaines, conjugué à une croissance démographique et une urbanisation rapides, on peut tabler sur une intensification de la pression exercée sur les côtes et les ressources marines. Le trafic portuaire continental devrait connaître une forte augmentation, passant de 265 millions de tonnes en 2009 à plus de 2 milliards de tonnes en 2040. Des ports plus sûrs et plus efficaces pourraient, d’une part, permettre le renforcement de l’intégration régionale en Afrique et, d’autre part, jouer un rôle crucial dans la mise en place de la Zone continentale de libre-échange. Ils permettraient également de renforcer l’industrie manufacturière émergente, fournir d’importantes recettes aux gouvernements et créer des emplois pour de nombreux Africains.  En sommes, la sûreté et la sécurité maritimes sont primordiales pour le développement de l’Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Il est bien connu que parmi les menaces qui pèsent sur la zone maritime africaine figurent la criminalité transnationale organisée, notamment le trafic d’armes et de drogue, la piraterie et les vols à main armée en mer, le mazoutage illégal, le vol de pétrole brut le long des côtes africaines, le terrorisme maritime, la traite d’êtres humains et le transport illégal par voie maritime de demandeurs d’asile. La pêche et la surpêche illicites, non réglementées et non déclarées, ainsi que des crimes écologiques comme les naufrages délibérés, les déversements intentionnels d’hydrocarbures et l’immersion de déchets toxiques constituent également des sujets de préoccupation majeurs. Le trafic de conteneurs constitue un autre problème de taille. En effet, étant donné que, chaque jour, plus de sept millions de conteneurs de toutes dimensions sont transportés à travers le monde, les responsables des ports et des services de douane ne sont guère en mesure d’en contrôler le contenu. L’expérience récente indique que ces conteneurs sont utilisés pour toutes sortes de transport clandestin, allant de terroristes à des produits interdits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, la sûreté et la sécurité maritimes se heurtent à la vulnérabilité des cadres juridiques existants, au manque ou à l’insuffisance d’aides à la navigation, ainsi qu’à l’absence d’études hydrographiques modernes, de cartes nautiques à jour et d’informations sur la sécurité maritime dans plusieurs États africains.  Même là où ces lacunes n’existent pas, force est de reconnaître que, en haute mer, l’administration du domaine océanique est extrêmement difficile et que, à l’échelle régionale, l’ensemble hétéroclite de réglementations peut s’avérer d’une complexité qui n’est guère propice à leur application.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La plupart de ces menaces ont un caractère géopolitique et sont particulièrement complexes en raison de leurs multiples facettes et de leur interconnexion. Elles sont également très lourdes de conséquences. C’est ainsi que l’augmentation des actes de piraterie est devenue au cours des dernières décennies un important obstacle à la compétitivité des ports africains. Non seulement ces attaques entraînent un renchérissement du transport maritime vers l’Afrique, mais elles affectent aussi directement les flux de trafic portuaire, étant donné que les navires évitent les itinéraires considérés comme risqués. Leur impact a été particulièrement négatif, sous la forme d’une réduction du trafic en provenance et à destination des ports africains situés entre la mer Rouge et l’océan Indien, près des côtes somaliennes et dans le golfe de Guinée. Bien que les actes de piraterie commis dans le détroit de Malacca, au large de la Malaisie et de Singapour, soient beaucoup plus nombreux qu’au large de la Somalie, l’idée qui prévaut est tout autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Outre les pertes en vies humaines, en matériel et en coûts d’opportunité, le terrorisme maritime entraîne d’autres conséquences, en ce sens que toute instabilité politique dans un État côtier africain est susceptible de faire peser des menaces sur le trafic et la liberté de navigation à l’échelle mondiale, sans compter qu’il pourrait y avoir un effet de contagion à l’intérieur des terres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette situation pourrait être à l’origine d’un cercle vicieux dans lequel les menaces et les impacts sont exacerbés notamment par l’instabilité politique, la corruption ou l’absence de contrôle gouvernemental, lorsqu’ils n’en sont pas la cause.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            L’importance stratégique de la sécurité de nos zones maritimes ne saurait être sous-estimée.  Pour réaliser le plein potentiel de l’économie bleue et faire face aux menaces et aux vulnérabilités d’aujourd’hui, il faut une approche globale et intégrée fondée sur des indicateurs combinés de mesure de la croissance et du progrès qui soient conçus de façon à établir un lien entre, d’une part, les succès économiques et, d’autre part, la gestion de l’environnement et des ressources naturelles, la responsabilité sociale, la bonne gouvernance et les plus hautes exigences de transparence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Lors de l’élaboration de cette approche, il nous faudra garder à l’esprit quelques idées fondamentales. En premier lieu, il nous faut évaluer nos richesses « bleues » dans le but de protéger cette importance ressource et d’optimiser sa mise en valeur et sa gestion aux fins d’une transformation structurelle et d’un développement durable sans exclusive. La Commission économique pour l’Afrique a récemment lancé une publication sur l’économie bleue, qui contient un guide complet et détaillé pour aider les pays et les organismes régionaux africains à mieux mesurer le vaste potentiel de l’économie bleue. Ce guide offre aux décideurs, aux organisations régionales, aux agents du développement et aux autres parties prenantes sur le continent et ailleurs un cadre opérationnel, une analyse comparative des expériences et d’autres orientations leur permettant de mieux intégrer les principes de l’économie bleue dans leurs plans de développement, leurs stratégies, leurs politiques et leur législation, afin de faire de la transformation structurelle une réalité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En deuxième lieu, il nous faut privilégier la coopération régionale pour lutter efficacement contre les menaces qui pèsent sur la sécurité maritime.  Il faut renforcer la coordination et la réglementation à l’échelle transnationale pour combattre les diverses activités illégales menées sur de vastes zones et à travers les frontières, en prenant en compte la disparité des juridictions régissant les eaux territoriales, les zones économiques exclusives (ZEE) et la haute mer dans le contexte d’une mauvaise démarcation des frontières. Pour ce faire, il faudra renforcer les moyens d’observation, de contrôle et de surveillance dans ces différents espaces. Le rôle des organismes régionaux et sous -régionaux tels que l’Union africaine et les commissions économiques régionales serait crucial, tout comme le serait celui des autres mécanismes de coopération régionale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En troisième lieu, les liens et l’interdépendance entre les différents secteurs économiques, ainsi que les efforts visant à mieux répondre aux besoins des secteurs émergents revêtent un caractère incontournable. Il est tout aussi fondamental de prendre en compte les impératifs  liés aux changements climatiques  en accordant la priorité voulue à l’efficacité énergétique, aux modèles à faible empreinte carbone, à la promotion de l’équité, à la lutte contre l’exclusion sociale et à la création d’emplois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Les pays africains doivent relever pour évaluer, protéger et exploiter de manière optimale le potentiel qu’offre l’économie bleue en matière de transformation structurelle. Pour peu qu’elle soit bien sécurisée et judicieusement exploitée, notre économie bleue peut contribuer de manière significative à la transformation et à la croissance du continent, à une meilleure connaissance de la biotechnologie maritime et aquatique, à la croissance du secteur maritime à l’échelle du continent, au développement du transport et de la pêche en mer comme sur les cours d’eau et les lacs, et, enfin, à l’exploitation et à la mise en valeur des ressources minières et autres que recèlent les fonds marins.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;*Basé sur mon discours prononcé durant l’ouverture des évènements parallèlesdu sommet extraordinaire Sommet Extraordinaire de l&#039;Union Africaine sur la Sécurité et la Sureté maritimes et le Développement en Afrique, à Lomé le 10 octobre 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 10 Oct 2016 12:38:15 +0000</pubDate>
 <dc:creator>eskinder.tsegaye</dc:creator>
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 <title>Donner des ailes à l’intégration régionale de l’Afrique</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-09-14T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;14 Septembre 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/blogimage.png?itok=GPefGs4D&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Giving Wings to Africa’s Regional Integration&quot; title=&quot;Giving Wings to Africa’s Regional Integration&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Le monde s’habitue à de nouvelles formes d’interconnexion, et l’Afrique ne fait pas exception à la règle. Aujourd’hui, plus de 700 millions d’Africains sont abonnés à des services mobiles, nombre d’entre eux qui appartiennent à la classe aisée arborant même fièrement plus d’un téléphone cellulaire en signe d’un statut social nouvellement acquis. La multiplication des réseaux mobiles a transformé les communications, les entreprises ou les banques, leur faisant faire un bond inimaginable il y a seulement quelques années. Grâce à la technologie, de nouveaux modes d’intégration s’offrent à nous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’aviation sera-t-elle, dans ce contexte, le prochain grand moteur d’intégration?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, même avec 15 % de la population de la planète, l’Afrique ne représente qu’une proportion relativement faible (en fait, moins de 3 %) du trafic aérien mondial. Pourtant, quoique réduit, le marché du transport africain se développe rapidement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le nombre de passagers du transport aérien international n’a cessé d’augmenter d’année en année depuis 2004, sauf en 2011 où il a connu une chute drastique due à l’instabilité politique dans certaines régions d’Afrique du Nord. Le nombre de passagers transportés par les compagnies aériennes africaines est passé de moins de 40 millions en 2004 à 73,8 millions en 2013. Celui des passagers effectuant des vols intérieurs dans la région a aussi considérablement augmenté, atteignant le chiffre de 28 millions de personnes en 2013&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftn1&quot; title=&quot;&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt;. Cette croissance devrait se poursuivre. D’après les prévisions à long terme de Boeing pour la période 2014-2033, le trafic aérien en provenance et à destination de l’Afrique, entraîné par une conjoncture économique favorable, la croissance des liens commerciaux et une classe moyenne en essor, devrait croître d’environ 6 % par an au cours des deux prochaines décennies. Cette augmentation du trafic aérien se traduirait par une demande de 1 170 nouveaux avions, représentant une valeur de 160 milliards de dollars des États-Unis&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftn2&quot; title=&quot;&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt;. Cela étant, il faut juger sur pièce.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon le Groupe d’action des transports aériens&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftn3&quot; title=&quot;&quot;&gt;[3]&lt;/a&gt;, le secteur de l’aviation en Afrique a donné du travail à 6,8 millions de personnes et contribué à hauteur de 72,5 milliards de dollars au PIB du continent en 2014. Cela représentait 11 % des emplois et 3 % du PIB générés par le secteur à l’échelle mondiale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces évolutions encourageantes masquent cependant quelques-uns des obstacles majeurs que rencontre encore le secteur des transports aériens en Afrique. Le continent reste parmi les régions où il est le plus dangereux de prendre l’avion. Il est aussi à la traîne des autres régions concernant la libéralisation des airs, ses infrastructures aéroportuaires nécessitent toujours des investissements massifs et la formation d’un personnel qualifié y laisse toujours à désirer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La pérennisation des compagnies aériennes africaines représente un autre défi. Entre les années 70 et 80, on comptait environ 36 compagnies aériennes sur le continent et 26 d’entre elles effectuaient des vols intercontinentaux. Aujourd’hui, il n’en reste qu’à peine 12 pour assurer des liaisons intercontinentales. Au cours des deux dernières décennies, 37 nouvelles compagnies aériennes au total ont été lancées en Afrique, mais la quasi-totalité a fait long feu. La plupart des pays continuent d’agir en solitaire et pour des motifs qui sont loin d’être économiques. L’on s’emploie toujours en Afrique à créer ou à maintenir des compagnies de transport nationales, allant ainsi au contre-courant des tendances internationales. Il est vrai que la bonne performance des compagnies nationales du Moyen-Orient et du transporteur Ethiopian Airlines contredit les détracteurs des compagnies aériennes publiques, mais il s’agit là d’exceptions qui doivent être comprises dans leur globalité. Le trafic long-courrier du continent est, à 80%, dominé par des transporteurs non africains.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En moyenne, un vol en Afrique coûte plus cher que partout ailleurs dans le monde. Des redevances d’atterrissage élevées, des taxes exorbitantes prélevées sur les billets d’avion, ainsi que des prix du kérosène au-dessus de la moyenne (de près de 30% plus élevés qu’en Europe) sont loin d’arranger la situation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le secteur de l’aviation se caractérise par l’inégalité d’accès au financement. Les compagnies aériennes basées à Dubaï, à Abu Dhabi ou au Qatar auraient bénéficié au cours de la dernière décennie d’une foule d’avantages estimés à plus de 42 milliards de dollars, notamment un accès subventionné à des capitaux et à des infrastructures de première classe. L’aviation commerciale américaine bénéficie également, depuis 1918, d’un appui gouvernemental évalué à 155 milliards de dollars. Les compagnies aériennes africaines n’ont évidemment pas cette chance et doivent se débrouiller toutes seules. N’ayant pas la même facilité d’accès aux marchés des capitaux, et sans financement de crédit à l’exportation (qui peut couvrir jusqu’à 85 % du prix réel de l’aéronef) ou subventions d’assurance, elles n’ont d’autre choix que de financer la différence sur fonds propres ou de s’endetter à des taux d’intérêt dissuasifs auprès des banques commerciales, ou encore de louer des avions à un coût encore plus prohibitif. Les choix de financement laissés aux transporteurs africains réduisent leurs chances d’expansion. Aussi n’est-il guère surprenant de voir les grosses compagnies de transport accumuler les succès, y compris dans leurs activités en Afrique. Elles ont l’avantage de pouvoir s’agrandir rapidement et disposent d’un espace pour créer un marché à partir de rien, augmenter leurs parts de marché et continuer d’investir massivement dans les services et le marketing.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La connectivité intra-africaine est si médiocre que les passagers doivent souvent parcourir des milliers de kilomètres hors du continent juste pour trouver une correspondance pour certaines destinations sur le même continent. Seul un quart des itinéraires intra-africains est, de fait, desservi par une seule compagnie aérienne. Malgré l’accord signé à Yamoussoukro en 1999 par les États africains afin de libéraliser entièrement le marché régional, les mesures restrictives et protectionnistes, loin d’être levées, deviennent plutôt omniprésentes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel serait un bon point de départ pour inverser la situation? En ce qui concerne les accidents, 2014 a marqué un tournant décisif. Alors que les catastrophes aériennes faisaient les gros titres de la presse cette année-là, les compagnies aériennes africaines ont affiché un bilan de zéro accident avec perte de l’aéronef par million de vols, contre 2,22 en 2013 et 4,63 en 2012&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftn4&quot; title=&quot;&quot;&gt;[4]&lt;/a&gt;. C’est encourageant et cela indique en même temps que les mesures régionales d’amélioration de la sécurité portent leurs fruits. Ethiopian Airlines montre déjà la voie à ses concurrents continentaux pour ce qui est de fixer des objectifs ambitieux, de les atteindre et de faire des profits. Avec 93 destinations sur les cinq continents, dont 53 en Afrique, l’avenir de la compagnie est prometteur. Après avoir enregistré une croissance phénoménale de 700% de son chiffre d’affaires depuis 2005, Ethiopian Airlines a prouvé sa capacité de faire face à la concurrence serrée. Cependant, aussi longtemps que l’Afrique ne parviendra pas à établir un marché unique du transport aérien et que les autres pays du monde continueront d’imposer des restrictions aux transporteurs africains tout en accueillant à bras ouvert leurs concurrents européens et du Moyen-Orient, la performance de la compagnie Ethiopian Airlines resterait une exception.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Afrique doit s’orienter vers l’adoption d’un cadre réglementaire propice et intelligent de libéralisation de son espace aérien, si elle veut fonder un secteur aérien rentable et compétent au niveau mondial. Pour être véritablement concurrentiel, un secteur doit innover et placer les intérêts du continent au-dessus des considérations nationales. Une politique de ciel ouvert abaisserait les coûts des billets et augmenterait considérablement le nombre des voyageurs qui prennent l’avion. Selon l’IATA, déréglementer et libéraliser les services aériens africains dans 12 marchés clefs suffirait à créer 155 000 emplois et dégager 1,3 milliard de dollars de recettes&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftn5&quot; title=&quot;&quot;&gt;[5]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les chiffres montrent que les accords « ciel ouvert » ont fonctionné dans d’autres régions. En Europe, par exemple, ils ont permis une augmentation exponentielle du nombre des routes aériennes et entraîné une baisse de 34 % des prix des billets. De fait, là où les pays africains ont libéralisé leur marché aérien, soit entre eux ou avec le reste du monde, des effets positifs s’en sont suivis. Par exemple, l’accord relatif à un marché aérien plus libéral conclu par l’Afrique du Sud et le Kenya au début des années 2000 s’est traduit par une hausse de 69 % du trafic de passagers. L’accord « ciel ouvert » de 2006 entre le Maroc et l’Union européenne a débouché sur une augmentation de 160% du trafic, suivie d’un quadruplement du nombre de routes aériennes entre les deux régions&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftn6&quot; title=&quot;&quot;&gt;[6]&lt;/a&gt;. Il a suffi d’ouvrir une ligne aérienne à bas prix entre l’Afrique du Sud et la Zambie (Johannesburg-Lusaka) pour voir les tarifs baisser de 38 % et le trafic de passagers augmenter dans la même proportion. Le continent doit créer plus de possibilités de voyager par avion à peu de frais. En 2013, la pénétration des compagnies aériennes à bas prix en Afrique était la plus faible du monde, avec moins de 10 % du total du trafic aérien du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un monde interconnecté, voyager en avion n’est plus un luxe, mais une nécessité pour la prospérité d’un continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;----&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Publié le 12 septembre 2016 dans l&#039;édition en ligne du East African.&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;&lt;hr align=&quot;left&quot; size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; /&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftnref1&quot; title=&quot;&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt; Chingosho, E. (2014). Quarante-sixième assemblée générale annuelle de l’Association des compagnies aériennes africaines. Rapport du Secrétaire général, 10 novembre 2014. Alger (Algérie).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftnref2&quot; title=&quot;&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt; Boeing Commercial Airplanes (2015). &lt;em&gt;Current market outlook.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftnref3&quot; title=&quot;&quot;&gt;[3]&lt;/a&gt; Groupe d’action des transports aériens (2016), rapport intitulé &lt;em&gt;Aviation: Benefits Beyond Borders&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftnref4&quot; title=&quot;&quot;&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://mg.co.za/article/2015-03-11-think-african-jets-are-flying-coffins-these-numbers-will-prove-you-wrong&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://mg.co.za/article/2015-03-11-think-african-jets-are-flying-coffins-these-numbers-will-prove-you-wrong&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftnref5&quot; title=&quot;&quot;&gt;[5]&lt;/a&gt;IATA (2014), Communiqué de presse sur les avantages significatifs de la libéralisation des marchés africains du transport aérien. &lt;a href=&quot;http://www.iata.org/pressroom/pr/Pages/2014-07-07-01.aspx&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.iata.org/pressroom/pr/Pages/2014-07-07-01.aspx&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;file:///C:/Users/estsegaye/Desktop/webupdate/BLOG/Air%20travel%20blog%20-%20french%20final.docx#_ftnref6&quot; title=&quot;&quot;&gt;[6]&lt;/a&gt;InterVISTAS Consulting Ltd (2014).&lt;em&gt;Transforming Intra-African Air Connectivity: The Economic Benefits of Implementing the Yamoussoukro Decision&lt;/em&gt;. Document établi pour l’IATA en partenariat avec la CAFAC et l’Association des compagnies aériennes africaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Wed, 14 Sep 2016 07:44:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>eskinder.tsegaye</dc:creator>
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 <title>Combattre la corruption en Afrique dans une bonne optique*</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-04-26T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;26 Avril 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/blog-bribery.png?itok=Hsit4HcA&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Combattre la corruption en Afrique dans une bonne optique&quot; title=&quot;Combattre la corruption en Afrique dans une bonne optique&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;La gouvernance et la corruption sont des questions à controverse qui revêtent une grande importance pour le développement durable. La promotion de la transformation structurelle requiert plus qu’une politique et une stratégie nationales pour opérer efficacement dans un monde de plus en plus globalisé. La mondialisation continue de modifier les trajectoires de croissance des pays, avec de graves conséquences pour les pauvres, notamment en affectant leur accès aux moyens de production et aux marchés. Les pays africains se doivent de traduire les possibilités offertes par la mondialisation en croissance inclusive, en réduction accrue de la pauvreté et en développement durable. Toutefois, l&#039;intégration dans les marchés mondiaux comporte certains risques, les pays devenant plus sensibles aux tendances mondiales, par exemple les pratiques de corruption des sociétés multinationales et d&#039;autres parties intéressées extérieures.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un certain nombre d&#039;indicateurs a été mis au point pour évaluer les niveaux de corruption en Afrique. Certaines de ces mesures, notamment l’Indice de perception de la corruption, les Indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale, l&#039;Indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine et Afrobaromètre, font autorité car elles déterminent les politiques étrangères, les décisions d&#039;investissement et l&#039;allocation de l&#039;aide, ainsi que l&#039;analyse du risque pays sur le continent. Les pays africains sont « nommés et couverts d’opprobre ». Toutefois, compte tenu des lacunes des méthodologies de mesure, on ne saurait se limiter à un seul indicateur de la corruption. Il est impérieux de s’attaquer au problème de la corruption en Afrique dans sa totalité, sans occulter les aspects de rapatriement des avoirs et de blanchiment d&#039;argent. En effet, il devrait être clair que ceux qui détournent les fonds et les deniers publics et les receleurs de ces ressources sont au même titre coupables d&#039;alimenter la corruption sur le continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La tendance actuelle en matière de mesure de la corruption sur le continent est de privilégier la perception de l&#039;ampleur du phénomène par des individus. S’il est important de tenir compte des expériences individuelles et diverses, le fait de se focaliser sur des individus uniquement, occulte une cause fondamentale de la corruption pour plusieurs personnes: l&#039;exclusion délibérée, actuelle ou historique, de certains groupes sociaux de la participation effective à la société. Il est donc important de s’attaquer à ces aspects de rapports de force à l’origine de l’exclusion en procédant à l’autonomisation des membres les plus pauvres de la société, en l’occurrence les femmes, en tant que moyen de lutter contre la corruption et la faiblesse de la gouvernance économique. On s’accorde à reconnaître que la réalisation de ce processus connaît plus de réussite dans un contexte de démocratisation et d’engagement civique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Assurer l&#039;équité sociale comme un moyen de lutter contre la corruption, exige des réformes de la gouvernance qui autonomisent les groupes pauvres et marginalisés et les autorisent à demander des comptes, qui renforcent en somme l’obligation de rendre compte, ce qui pourrait accroître la motivation des prestataires de services à répondre aux besoins des pauvres. La fourniture de services responsable, à son tour, améliore les recettes publiques en élargissant la marge de manœuvre budgétaire de l’État, car elle encourage les citoyens à payer les impôts. Investir dans le capital social des plus vulnérables est également crucial. Un autre pilier de base de l&#039;effort d&#039;inclusion consiste à garantir la jouissance de droits de propriété et la protection de ces droits. Toutefois, la reconnaissance des droits de propriété est une question complexe car ces droits découlent de plusieurs sources (État, coutumes et les lois religieuses), et l&#039;historique des droits d&#039;accès est généralement fonction des contextes. Les stratégies des réformes juridiques et autres devraient tenir compte de ces complexités pour aider à prendre des dispositions en faveur des groupes marginalisés, à lutter contre la corruption et à élargir l&#039;accès aux services essentiels.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est important pour l’Afrique de mettre l’accent sur l&#039;importance de mesurer la corruption et de comprendre ses dimensions internationales. Il nous faut remettre en question la définition traditionnelle étroite de la corruption comme étant « l’abus d&#039;une charge publique à des fins privées ». Cette définition met trop l&#039;accent sur la fonction publique et sur la légalité apparente de l&#039;acte, négligeant les tendances à la corruption qui prévalent dans les secteurs privé et non étatique. Les décideurs devraient comprendre l&#039;importance et les implications de la perception de la corruption comme un phénomène plus vaste dans lequel les acteurs privés ont une grande part de responsabilité, et nombre d’actes contraires à l&#039;éthique, qui peuvent être assimilés à la corruption, ne sont pas nécessairement illicites ou ne se sont pas produits dans le secteur public. Par exemple, de nombreuses entreprises privées nationales et étrangères puissantes exercent une influence indue de façon à amener l’État à prendre des politiques, des lois et des règlements à leur avantage. Parfois, ces entités privées, lors des campagnes électorales, apportent des contributions financières qui peuvent paraître légales, mais sapent indûment les fondements de la démocratie. En outre, le favoritisme dont font l’objet des entreprises particulières dans l&#039;attribution des appels d&#039;offres et des marchés publics est une chose courante en Afrique. De même, de nombreuses pratiques de corruption ayant cours sur le continent sont le fait d’acteurs non africains qui les entretiennent également.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On peut faire valoir que le plus grand défi qui se pose au programme de transformation structurelle de l&#039;Afrique n’est pas la corruption telle qu’elle se manifeste dans les scandales des secteurs privé et public, les questions de fraude et de pots de vin pouvant être efficacement réglées grâce à une meilleure supervision et une application plus stricte des règles de gouvernance. En général, les problèmes fondamentaux de la gouvernance économique se situent à un niveau totalement différent - l&#039;incapacité des instances dirigeantes à la fois dans les secteurs public et privé à agir efficacement et à améliorer l’exécution des programmes et à optimiser les résultats. En outre, les cadres réglementaires efficaces devraient établir un équilibre entre la promotion du développement du secteur privé et l&#039;amélioration de la transformation sociale axée sur une meilleure prestation de services. À cet égard, une approche plus étoffée du programme de transformation structurelle devrait être adoptée en mettant l’accent sur des actions qui permettent non seulement de lutter contre la corruption, mais également d’améliorer la gouvernance économique au sens plus large.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce contexte, la quatrième édition du Rapport sur la gouvernance en Afrique, publié par la CEA,  exhorte toutes les parties prenantes à repenser les mesures de corruption en général, et dans le contexte africain en particulier. Comme le montre le rapport, cet effort est plus qu’impérieux. Par exemple, les approches actuelles de mesure de la corruption occultent complètement la dimension internationale du phénomène en Afrique. De nombreuses données montrent que les opérations des acteurs étrangers sur le continent sont à l&#039;origine d&#039;importants flux financiers illicites. Ces omissions constituent de graves lacunes dans les mesures actuelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À mon sens, les pays africains et les partenaires devraient se départir des mesures de la corruption uniquement fondées sur la perception du phénomène et mettre l’accent sur d’autres approches, qui sont factuelles et reposent sur des critères quantitatifs plus objectifs et tiennent compte des dimensions internationales de la corruption. Le présent rapport plaide en faveur de ce changement. Dans l&#039;intervalle, alors que les critères quantitatifs possibles continuent d&#039;être explorées, il est nécessaire de veiller à ce que les méthodes fondées sur la perception reposent plus sur des enquêtes plus transparentes et plus représentatives. Ces mesures devraient également être complétées, au besoin, par des indicateurs quantitatifs de pays ou provenant d’études de cas précis de façon à produire des évaluations plus sophistiquées et utiles. Au lieu de « nommer et de couvrir d’opprobre » les coupables sur la base d’un certain niveau de perception, il est nécessaire de mener une réflexion approfondie sur les problèmes de mesure de la corruption en Afrique, en accordant une attention particulière au rôle des acteurs internationaux. Il est également crucial que les décideurs africains et les partenaires se penchent sérieusement sur les grandes questions de gouvernance économique essentielles à la transformation structurelle du continent et au développement durable afin de s’attaquer efficacement au problème de la corruption.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;*Préface du nouveau Rapport de la Commission économique pour l’Afrique consacré à la corruption&lt;/p&gt;&lt;p&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/agriv_fre_fin_12april.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/agriv_fre_fin_12april.pdf&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 26 Apr 2016 08:23:26 +0000</pubDate>
 <dc:creator>eskinder.tsegaye</dc:creator>
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 <title>Comment assurer la révolution des données en Afrique?</title>
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 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-12-07T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;7 Décembre 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/data_revolution2.jpg?itok=Zo3zycUq&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;How to secure Africa’s data revolution&quot; title=&quot;How to secure Africa’s data revolution&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;            L’Afrique doit rallier la révolution des données – l’augmentation exponentielle du volume et des types de données disponibles qui offre la possibilité sans précédent d’informer et de transformer la société.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Prenons un petit exemple des potentialités qu’offre cette révolution: les compagnies de télécommunication peuvent suivre les mouvements de leurs abonnés en utilisant des données qui permettent de détecter les antennes-relais du réseau mobile par lesquelles leurs appels sont acheminés. La localisation des lieux où se sont rendues des personnes ayant quitté un foyer de maladie a permis aux épidémiologistes travaillant sur Ebola en Afrique de l’Ouest de &lt;a href=&quot;http://www.hsph.harvard.edu/news/hsph-in-the-news/predicting-ebolas-spread-using-cell-phone-data/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;prédire où de nouveaux foyers pourraient se déclare&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;r&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;         Les mêmes informations – mais rendues anonymes pour préserver la vie privée des intéressés – peuvent servir à suivre le mouvement des marchandises vers les marchés et permettre ainsi aux économistes de capter des informations sur l’économie informelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Mais la collecte des statistiques nécessaires pour informer la société et suivre les 17 objectifs de développement durable exigera un effort considérable. Et même si les décisions gouvernementales ne nécessitent pas toutes des statistiques officielles, les besoins de l’Afrique en statistiques dépassent largement les données nécessaires au suivi des objectifs de développement durable. Les bureaux nationaux de statistique sont débordés par le travail de production de statistiques actualisées, fiables et pertinentes sur presque tout, de la prise de décisions en matière d’investissement à l’obtention de renseignements sur les possibilités d’affaires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Tout cela a un coût. D’après un rapport non publié, établi cette année par des responsables africains de service de statistique et d’autres partenaires, produire des statistiques harmonisées pour suivre les objectifs de développement durable coûte un minimum de 1,54 dollar É.-U. pour chacun des 1,2 milliard d’habitants de l’Afrique. Ce montant passerait à 4,33 dollars par personne si on tient compte des coûts nécessaires pour améliorer la fiabilité des chiffres. Il augmenterait encore pour atteindre 8,11 dollars par personne en 15 ans, étant donné aussi l’accroissement attendu de la population, qui devrait passer à 1,6 milliard d’habitants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Les coûts ne sont qu’une des contraintes rencontrées dans ce domaine – le défaut de cohérence et de qualité des données, la capacité limitée des bureaux nationaux de statistique de produire de bonnes statistiques en représentant d’autres. Il s’ensuit que, souvent, les statistiques ne rendent pas suffisamment compte de la situation de l’Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Un exemple de cet écart est fourni par le calcul du PIB (produit intérieur brut) officiel fait par les bureaux nationaux de statistique, qui montre une progression du revenu annuel des ménages en Afrique de 0,9% à 1,1% au cours des 20 dernières années. Alors que d’après l’estimation des chercheurs de la London School of Economics du Royaume-Uni fondée sur des facteurs tels que le nombre de ménages possédant un récepteur de télévision ou ayant accès à l’électricité, cette progression a été plutôt de 3,4% à 3,7% au cours de la même période.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Par ailleurs, selon un &lt;a href=&quot;ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/meeting/014/k2921e.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;rapport de 2008&lt;/a&gt; de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le nombre de données officielles sur l’agriculture fournies par les pays africains est le plus bas depuis avant 1961, un &lt;a href=&quot;ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/meeting/014/k2921e.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;pays sur quatre&lt;/a&gt; seulement du continent &lt;a href=&quot;ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/meeting/014/k2921e.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;fournissant des données sur la production des cultures de base.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Sans statistiques fiables, comment faire confiance aux données que l’on voit?&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvel environnement favorable aux données&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Dans un excellent &lt;a href=&quot;http://www.scidev.net/global/data/opinion/flashy-innovation-fuel-data-revolution-post-2015.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;éditorial récemment publié, Shannon Kindornay&lt;/a&gt; a rappelé l’engagement pris par les pays à la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue en juillet à Addis-Abeba, en Éthiopie, d’exploiter les possibilités offertes par la révolution des données.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Elle a également souligné les obstacles à la mise en œuvre de cet engagement. Ici, en Afrique, il y a cependant de très bonnes perspectives de surmonter ces obstacles. La révolution des données peut devenir une réalité – et rapidement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            La Conférence internationale sur le financement du développement doit son succès à une autre conférence organisée en marge de la &lt;a href=&quot;http://www.uneca.org/cfm2015&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;réunion annuelle des ministres africains des finances et de la planification économique&lt;/a&gt; tenue en mars.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            À cette réunion, un groupe de statisticiens et de professionnels des données venant d’horizons divers ont élaboré une stratégie de mise en œuvre de la révolution des données en Afrique. Il en est sorti le &lt;a href=&quot;http://www.uneca.org/sites/default/files/PageAttachments/final_adc_-_english_1.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Consensus africain sur les données,&lt;/a&gt; un document qui présente de nombreuses innovations révolutionnaires, dont deux sont particulièrement importantes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Premièrement, la notion traditionnelle de bureaux nationaux de statistique qui « posséderaient » de plein droit toutes les données officielles recueillies et rapportées a été redéfinie. L’idée a été de transférer ce rôle à des « communautés de données » – constituées de personnes venues de tous les horizons organisationnels (ONG, secteur privé, bureaux nationaux de statistique et autres organismes gouvernementaux), qui produisent ou utilisent des données dans des secteurs comme le commerce ou l’énergie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Deuxièmement, le Consensus établit un principe suivant lequel des données de pays totalement transparentes (ou « libres ») fournies par les communautés de données pourraient être acceptées comme sources de statistiques officielles, pourvu qu’elles soient approuvées par le bureau national de statistique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrir la collecte de données &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            L’adoption du consensus sur les données signifierait un changement de rôle pour les bureaux nationaux de statistique. Elle pourrait créer un nouveau paysage statistique pour l’Afrique et ouvrir grandement le champ de la production et de la diffusion des statistiques nationales devant les acteurs étatiques et non étatiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Les professionnels appartenant aux communautés de données se verraient chargés de définir les données qu’ils produisent et utilisent – ce qui, par la même occasion, rendrait plus cohérentes les statistiques fournies par les pays. Et du fait que la collecte des données par les organisations non étatiques repose en général sur les technologies mobiles, ses coûts ainsi que ceux de la diffusion des données devraient chuter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Enfin, et surtout, un seul critère prévaudrait: à savoir que seules les données les plus pertinentes, les plus fiables, les plus précises, les plus accessibles et les plus à jour – quel qu’en soit le producteur – seront acceptables.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            Les bureaux nationaux de statistique en Afrique ont de solides états de service en matière de coopération et de promotion d’idées novatrices. Au nombre d’initiatives passées à mettre à leur actif figurent la &lt;a href=&quot;http://www.au.int/en/sites/default/files/treaties/7794-file-african_charter_on_statistics.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Charte africaine de la statistique&lt;/a&gt;, cadre juridique commun de développement de la statistique, et la &lt;a href=&quot;http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Publications/AfDB,%20SHaSA_web.pdfhttp:/www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Publications/AfDB,%20SHaSA_web.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Stratégie d’harmonisation des statistiques en Afrique&lt;/a&gt;, effort coordonné en appui au plan d’action commun pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 de l’Afrique. Il est donc aussi probable qu’ils adoptent le Consensus sur les données en Afrique – pourvu qu’un financement puisse être mobilisé auprès des partenaires pour sa mise en œuvre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;            La Commission économique pour l’Afrique, en collaboration avec la Commission de l’Union africaine et la Banque africaine de développement, soutient cet effort visant à faire de la révolution des données en Afrique une réalité. Venez-vous joindre à nous pour cette entreprise commune.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cet article est paru en ligne sur SciDev.net le 5 novembre 2015 &lt;a href=&quot;http://www.scidev.net/global/data/opinion/secure-africas-data-revolution.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.scidev.net/global/data/opinion/secure-africas-data-revolution.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 07 Dec 2015 14:06:02 +0000</pubDate>
 <dc:creator>eskinder.tsegaye</dc:creator>
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 <title>Tirer parti de l’investissement direct étranger</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/tirer-parti-de-l%E2%80%99investissement-direct-%C3%A9tranger</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-10-19T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;19 Octobre 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/fdi.jpg?itok=DoCZD2Rv&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Harnessing foreign direct investment&quot; title=&quot;Harnessing foreign direct investment&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Surnommée la nouvelle frontière d’investissement, l’Afrique est de plus en plus attractive aux yeux des grandes entreprises, des institutions et des investisseurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En témoignent les flux d’investissement direct étranger (IDE), qui ont progressé de manière exponentielle depuis le tournant du millénaire, avec en tête des pays comme l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya, l’Égypte et le Maroc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les économies connaissant des taux de croissance élevés, comme la Zambie, le Ghana, la Tanzanie et le Mozambique, deviennent également des destinations de premier plan pour les investissements. En 2014, le Mozambique et l’Éthiopie ont fait partie des plus brillants élèves.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette tendance devrait se poursuivre car de plus en plus de pays exécutent des politiques économiques saines et améliorent le climat des affaires. Parmi les grands investisseurs figurent désormais des économies émergentes telles que la Chine, l’Inde, la Turquie et les États du Golfe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les IDE intra-africains sont aussi en hausse. Entre 2003 et 2014, les services financiers ont représenté, à eux seuls, environ 50 % des projets d’investissements intra-africains entièrement nouveaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’industrie manufacturière, levier capital de l’industrialisation, comptait parmi les premiers secteurs d’activité s’agissant des investissements en capital dans la région en 2014. Les décideurs trouveront sans nul doute ces nouvelles revigorantes. Les investissements en capital réalisés dans le secteur manufacturier représentaient 33 % de l’IDE annoncé en 2013, ce qui confirme que la production manufacturière se développe enfin au même rythme que le reste de l’économie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant un certain temps, le boom des produits de base est demeuré l’élément moteur de la croissance de la région. Le secteur extractif reçoit toujours l’essentiel de l’IDE. Les tendances actuelles appellent à une évaluation lucide du caractère durable de cette orientation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des mesures visant à la diversification et l’ajout de valeur aux ressources naturelles doivent constituer des priorités. L’avenir de l’Afrique dépendra dans une large mesure de la manière dont les pays bien dotés en ressources tireront parti de leurs richesses naturelles en faveur de leur transformation structurelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est encourageant de constater que la croissance dans le secteur des services progresse considérablement, amenant dans son sillage emplois et création de richesse. Le secteur est désormais le plus important en Afrique en termes de stock d’IDE. Les projets d’IDE dans l’immobilier, l’hôtellerie et la restauration, et le bâtiment et le génie civil ont également augmenté. L’urbanisation et l’expansion des classes moyennes continuent d’ouvrir des débouchés et réorientent les investisseurs en direction d’un marché de consommation africain en plein essor.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, les tendances diverses des flux d’IDE entrant sur le continent sont le reflet des sorts inégaux réservés aux économies hétérogènes d’Afrique. Certains pays qui obtiennent parmi les meilleurs résultats en ce qui concerne l’ajout de valeur, mesuré par la valeur ajoutée manufacturière, figurent aussi au rang des plus petites économies, comme les Seychelles et le Swaziland. En raison de leur petite taille, leurs réussites ne sont pas très connues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Compte tenu des efforts de l’Afrique en vue de sa transformation structurelle, il est impératif que l’IDE contribue à l’intégration de la région et à son programme de développement durable. Jusqu’ici, la croissance de l’Afrique n’est pas allée de pair avec des hausses suffisantes de la productivité et de la création d’emplois, pas plus qu’elle n’a permis de réduire sensiblement la pauvreté et les inégalités.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour maîtriser la question de l’industrialisation en vue de la croissance inclusive, il faudra trouver des réponses à des questions difficiles : qui en bénéficie ? Quels seront les effets sur les capacités et l’autonomie du secteur privé local ? La compétitivité s’en trouve-t-elle renforcée ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les risques d’une trop grande dépendance envers l’IDE font l’objet de débats au vu de la persistance des incertitudes mondiales, il est clair que l’IDE constitue une source importante de financement du développement. Mais l’épargne de l’Afrique, qui reste inexploitée, ainsi que la qualité de son cadre réglementaire et de ses politiques macroéconomiques, peuvent débloquer des montants bien supérieurs demain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour qu’à l’avenir, l’Afrique bénéficie d’une prospérité partagée, il lui faut une nouvelle vision ambitieuse, assortie des politiques et des incitations correspondantes. Aux côtés d’institutions efficaces, cela compte tout autant que de nouvelles infrastructures et l’accès aux capitaux. Certains gouvernements qui engagent des réformes montrent la voie à suivre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est que le début d’un travail de longue haleine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cet article est paru dans l’Edition 2015 du &lt;em&gt;Africa Investment Report&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;This is Africa &lt;/em&gt;du groupe&lt;em&gt; Financial Times&lt;/em&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.thisisafricaonline.com/Microsites/The-Africa-Investment-Report-2015/The-Africa-Investment-Report-2015&quot;&gt;http://www.thisisafricaonline.com/Microsites/The-Africa-Investment-Report-2015/The-Africa-Investment-Report-2015&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 19 Oct 2015 08:16:40 +0000</pubDate>
 <dc:creator>eskinder.tsegaye</dc:creator>
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