<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" xml:base="https://archive.uneca.org"  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
<channel>
 <title>Blog de Abraham.Tameru</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/blogs/abrahamtameru</link>
 <description></description>
 <language>fr</language>
<item>
 <title>Intégration régionale et unions monétaires en Afrique</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/int%C3%A9gration-r%C3%A9gionale-et-unions-mon%C3%A9taires-en-afrique</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2016-03-21T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;21 Mars 2016&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/aria5_en_cov3.jpg?itok=1lzsBXWh&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Regional integration and monetary unions in Africa&quot; title=&quot;Regional integration and monetary unions in Africa&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Avec plus de 30 millions de kilomètres carrésde terres émergées, l’Afrique est aussi grande que l’Inde, la Chine, les États-Unis et la plus grande partie de l’Europe réunis. Faussée par la projection de Mercator, la superficie qu’on lui donne généralement est plus petite que dans la réalité, presque à l’instar d’autres attributs du continent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsqu’on se rend compte que la superficie de la République démocratique du Congo à elle seule est à peu près égale à celle de la moitié de l’Union européenne, on pourrait aller jusqu’à prétendre qu’au moins un territoire équivalent est déjà intégré sur le continent. Or il s’avère que même dans tel ou tel pays pris isolément, comme la République démocratique du Congo, l’intégration nationale est une gageure. Il y a seulement 10 ans, le budget de l’État en République démocratique du Congo était inférieur à celui de Bruxelles. Au fond, le fait est que l’Afrique a encore beaucoup de chemin à faire !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans toutes les régions et contrées de la planète, la réalité de l’intégration en dit long sur les nombreuses difficultés rencontrées en la matière. L’Afrique ne déroge pas à la règle. Même l’Union européenne, considérée comme l’entreprise d’intégration la plus aboutie, commence à éprouver de sérieuses difficultés et à manifester d’importantes faiblesses, notamment en ce qui concerne la zone euro.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si l’histoire des unions monétaires est plus longue en Afrique qu’en Europe, la taille de l’Union monétaire européenne et les problèmes qu’elle a rencontrés depuis la crise financière de 2008-2009 fournissent de précieux enseignements que peuvent exploiter les unions monétaires existantes ou en projet en Afrique. L’Europe a travaillé dur pour consolider son marché unique et parvenir à un haut degré d’intégration commerciale avant la création de l’euro. De plus, les pays de la zone euro ont construit avec le temps un impressionnant faisceau de mécanismes, d’institutions et  de règlements.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’un des enseignements essentiels que l’Afrique peut tirer de l’expérience de l’Union européenne est que le cadre institutionnel doit être de nature à stimuler les échanges commerciaux régionaux. Un autre en est l’importance de la stabilité des politiques macroéconomiques. La survie et la stabilité de toute union sont en péril dès lors qu’il existe entre ses pays membres de grands écarts dans le respect de la discipline budgétaire. L’expérience de la zone euro souligne également la nécessité pour les pays qui s’apprêtent à participer à une union monétaire de disposer d’un mécanisme crédible et réaliste de transfert budgétaire qui leur permettrait de répondre aux chocs asymétriques et de s’y adapter. En l’absence d’un mécanisme de cette nature, toute union monétaire risque de subir des pressions considérables lorsque ses membres sont frappés par de tels chocs. Il est cependant à craindre que l’adoption de critères de convergence stricts ne réduise la marge de manœuvre dont les décideurs disposent pour affronter les problèmes de développement actuels et ceux qui se profilent à l’horizon.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On ne saurait trop insister sur l’intérêt de l’harmonisation des politiques monétaires, budgétaires et financières dans le cadre de l’intégration économique. Selon la littérature spécialisée, toute union monétaire se caractérise par deux éléments : une union de taux de change, c’est-à-dire une zone à l’intérieur de laquelle les taux de change sont en permanence fixes entre les diverses devises, et la convertibilité, qui s’entend de l’absence permanente de tout contrôle de change dans une zone donnée, que ce soit sur les opérations courantes ou sur les opérations en capital.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’après Robert Mundell, lauréat du prix Nobel d’économie, le degré de mobilité des facteurs dans une union monétaire est de la plus haute importance. La main-d’œuvre et les biens d’équipement y circulant librement d’un pays à l’autre, il est facile que les facteurs se déplacent vers des zones où ils peuvent être rémunérés au mieux pour les services rendus. Une des conditions fondamentales en est la présence d’au moins une devise convertible à l’intérieur de l’union.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les communautés économiques régionales d’Afrique ambitionnent de créer des unions monétaires dans le cadre de leurs programmes d’intégration généraux. En Afrique, certains pays partagent une même monnaie de longue date. Par exemple, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) compte huit pays utilisant le franc CFA, qui avait précédemment une parité fixe avec le franc français et est maintenant arrimé à l’euro. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) regroupe six autres pays où circule le franc CFA. Le Lesotho, la Namibie et le Swaziland ont une monnaie liée au rand sud-africain par une parité fixe, ce qui veut dire en quelque sorte que ces pays partagent la même politique monétaire. La part des pays appartenant à ces trois blocs dans le PIB de l’Afrique est considérable.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un des principaux objectifs qui sous-tendent la volonté de créer des unions monétaires en Afrique est de renforcer l’intégration régionale, en particulier le commerce et les investissements intra-régionaux. Les échanges commerciaux intra-africains se chiffrent à environ 16 % en moyenne, contre 21 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 50 % pour l’Asie et 70 % pour l’Europe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’administration de 54 pays souverains disposant d’une panoplie de politiques nationales et d’appareils étatiques inefficaces requiert des frais généraux considérables qui viennent grever des économies africaines fragiles et peu diversifiées reposant sur la production primaire. Selon une étude menée sur les progrès accomplis vers la convergence macroéconomique dans les communautés économiques d’Afrique, des avancées existent effectivement, mais elles sont généralement insuffisantes par rapport aux objectifs fixés dans les programmes d’intégration monétaire de ces communautés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si l’Afrique était une entreprise, les frais de gestion de ce type de structure seraient peu compétitifs. Le coût d’administration d’une structure de production si fragmentée est vraiment trop élevé pour que l’Afrique se le permette ou le supporte. Par conséquent, le rôle de l’intégration régionale dans la promotion des échanges commerciaux intracommunautaires, la croissance, le développement et la cohésion sociale et politique est incontestable. La conclusion évidente qui en découle est que l’Afrique doit s’employer à former un tout cohérent (ou, pour emprunter le jargon des entreprises, procéder à sa rationalisation et à la fusion de ses États) afin de réduire ses frais généraux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or le débat sur l’intégration porte principalement sur ses dimensions politiques et l’idéal suprême panafricain. Depuis le début du siècle, l’Afrique a rompu le cycle du désespoir et commencé à se bâtir un avenir prometteur par une croissance économique rapide et forte. Le temps est venu de passer à un débat et un point de mire plus techniques, en partie pour rendre ces nobles idéaux politiques plus crédibles, mais aussi parce que le monde évolue trop vite pour attendre les retardataires beaucoup plus longtemps. Le grand défi qui attend encore l’Afrique consiste à accélérer le rythme de sa transformation structurelle et à la mener à bonne fin. De fait, la majorité des pays africains continuent à s’efforcer de diversifier leurs économies, qui ne reposent que sur un nombre restreint de secteurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour assurer les pièces maîtresses de la transformation structurelle de l’Afrique  susmentionnées, il faudra veiller à mettre en place un cadre de politique macroéconomique approprié, étayé par une stratégie de développement de longue durée qui facilite la transformation des structures économiques et sociales et crée une boucle de rétroaction positive entre les investissements et la croissance. Ce cadre de politique macroéconomique visant à réaliser la transformation structurelle du continent doit comporter cinq principales composantes : i) augmenter les investissements publics et mettre en place des biens collectifs supplémentaires, ii) assurer la macrostabilité pour attirer les investissements privés et les pérenniser, iii) coordonner les politiques d’investissement et les autres politiques de développement, iv) mobiliser des ressources et réduire à la longue la dépendance vis-à-vis de l’aide, v) assurer la viabilité budgétaire par la légitimité budgétaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans toute réflexion sur les unions monétaires dans le cadre de l’Afrique, ces facteurs de transformation essentiels ne doivent pas être considérés comme des éléments facultatifs. Il faut que les communautés économiques régionales y prêtent attention, sinon elles risquent de ne pas être prises au sérieux sur les objectifs ambitieux susmentionnés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Se référer à mon allocution au Africa Training Institute du Fonds monétaire international, prononcé le 8 mars 2016 à l’Île Maurice.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 21 Mar 2016 07:37:47 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Abraham.Tameru</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">10310 at https://archive.uneca.org</guid>
 <comments>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/int%C3%A9gration-r%C3%A9gionale-et-unions-mon%C3%A9taires-en-afrique#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>L’avenir économique de la Tunisie est en Afrique</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/l%E2%80%99avenir-%C3%A9conomique-de-la-tunisie-est-en-afrique</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-11-16T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;16 Novembre 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/tunisia_in_africa.jpg?itok=xHE6AGqt&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;L’avenir économique de la Tunisie est en Afrique&quot; title=&quot;L’avenir économique de la Tunisie est en Afrique&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p class=&quot;Default&quot;&gt;Suite aux attentats des derniers mois, la Banque centrale de Tunisie a revu ses estimations de croissance pour le pays ; elle serait limitée à 1 % en 2015. Ce ralentisse­ment provient d’une part de la conjoncture sécuritaire, mais de manière plus structurelle de l’atonie de la demande extérieure adressée à la Tunisie, dont 64 % des échanges commerciaux se réalisent avec l’Union européenne (UE).&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;À partir des années 1980, la Tunisie a cherché à s’intégrer au marché et aux chaînes de valeur européens, afin d’attirer les industries textiles, mécaniques, automobiles, plasturgiques et aéronautiques. La stratégie était basée sur une croissance soutenue en Europe et la compétitivité basée sur sa proximité avec le Vieux Continent, un coût de la main-d’œuvre peu élevé, et une fiscalité incitative. Cette orientation vers l’Europe au détriment de l’Afrique pouvait être justifiée en cette période du fait que le continent africain ne constituait pas un marché à fort potentiel : une croissance faible (à peine supérieure à 2 %), et des problèmes récurrents dans le cadrage macroéconomique.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Aujourd’hui, ce positionnement joue doublement à l’encontre de la Tunisie, car le pays souffre non seulement du ralentissement économique de son principal partenaire écono­mique, mais reste globalement à l’écart du marché africain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’un des plus importants changements, dans l’organisation de la production et du commerce mondiaux qui a eu lieu, au cours des deux dernières décennies, est l’importance croissante des chaînes de valeurs globales, dans la gestion et la coordination de la production et des liens commerciaux entre les pays. Cela inclut une tendance à la fragmentation de la production et à davantage de commerce entre les pays. Les pays en développe­ment ont amorcé leur changement en matière de gouvernance de la production.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Un moyen de faire face à ces changements est de développer de manière coopérative des chaînes de valeur régionale, aussi bien au Nord que sur le reste du continent, qui permettront de créer de nouveaux avantages comparatifs dynamiques et d’accélérer la diversification stratégique et la sophistication des économies.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Aujourd’hui la croissance africaine est forte. Elle s’appuie sur la consommation privée et l’investissement est porté par un élargissement de la classe moyenne. D’ici à 2020, plus de 30 millions d’Africains vont rejoindre la classe moyenne et consacrer plus de la moitié de leurs revenus à des dépenses autres que le logement et la nourriture. Cette demande dynamique est un formidable levier pour la transformation structurelle des économies de la région, avec une demande croissante de produits manufacturés et services divers. On le voit, les leviers de la trans­formation structurelle de la Tunisie sont bien en Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;&lt;strong&gt;S’ouvrir au commerce intra-africain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Malheureusement, la Tunisie n’est pas parmi les pays africains les plus intégrés au reste du continent. En termes de parts des exportations africaines par rapport au PIB, elle se classe au 29e rang sur le continent. En termes d’investissement, alors qu’elle s’est dotée d’un environnement réglementaire parmi les plus favorables en Afrique (4e en termes de démarrage et d’exploitation d’une entreprise locale), la Tunisie se classe au 28e rang sur le continent en matière d’attractivité des investissements étrangers. De ce fait, lorsqu’il s’agit de s’inscrire dans des chaînes de valeur régionales, la Tunisie se classe 21e en termes de part totale des exportations de biens intermédiaires intra-africains.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Une étude que la CEA vient de mener avec l’Onudi a évalué l’impact pour la Tunisie et l’Afrique du Nord de différents accords commerciaux stratégiques sur les produits exportés.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Ainsi, l’accord de libre-échange continental (CFTA) dont les négociations ont été lancées en juin 2015 au Caire, pour une entrée en vigueur en 2017, va essentiellement promouvoir les exportations tunisiennes de produits manufacturés. Ces produits représenteraient près de la moitié des exportations (48 %) qui devraient augmenter à 2,3 milliards $ (+6,8 %) d’ici à 2020. Ce chiffre serait doublé (4,4 milliards $) si des mesures de facilitation du commerce sont décrétées, améliorant de 25 % l’efficacité des opérations administratives liées au commerce. Avec ces réformes, la part des produits manufacturés dans les exportations de la Tunisie vers le continent augmenterait encore davantage et serait majoritaire.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Un accord de même nature avec les autres pays de la Ligue arabe favoriserait les exportations de produits miniers, alors qu’un approfondissement de l’accord d’association avec l’UE favoriserait plutôt les exportations de produits agricoles.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Ces résultats indiquent clairement que la Tunisie, comme les autres pays de la région, doit séquencer la mise en œuvre des accords commerciaux de manière stratégique en privilégiant ceux qui vont développer leur capacité à exporter des produits industriels manufacturés de plus en plus sophistiqués, créant des emplois modernes et urbains. Ceci passe également par des réformes de facilitation du commerce et de l’investissement dans les infrastructures matérielles et immatérielles, qui soient orien­tées prioritairement vers le commerce intra-africain.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le tourisme reste un atout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;À ce titre, la Tunisie ne tirera pleinement profit de l’accord de Bali de l’OMC (portant essentiellement sur la facilitation du commerce) que si les réformes préconisées servent d’abord à renforcer l’intégration régionale, au Maghreb et sur le reste du continent.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Enfin en matière de services, la Tunisie a sa carte à jouer au niveau continental. Tout d’abord au niveau du tourisme. En matière d’entrées touristiques, le choc des attentats a été atténué par des entrées touristiques régionales, notamment en prove­nance de l’Algérie. Sur une période plus longue, on observe les mêmes tendances. Entre 2010 et 2015, les entrées d’Européens ont diminué de 45,2 % alors que sur la même période, les entrées d’Algériens ont progressé de 35,6 %. Ceci illustre parfaitement la nécessité pour la Tunisie de réorienter sa stratégie vers une clientèle continentale, dont le volume et le pouvoir d’achat connaissent une dynamique sans précédent. À titre de compa­raison, 72,5 % des entrées touristiques en Afrique du Sud, une des principales destinations africaines, proviennent du continent.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Pa7&quot;&gt;Le développement du tourisme se base avant tout sur un secteur du transport aérien performant et une stratégie de marketing et de présence sur les principaux marchés émergents. Tunisair, la compagnie aérienne tunisienne, ne couvre qu’une quinzaine de destinations en Afrique dont seulement cinq en Afrique subsaharienne. De son côté, Royal Air Maroc couvre plus d’une trentaine de destinations, dont 27 pays au-delà de l’Afrique du Nord.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Tunisie dispose également d’atouts dans de nombreux secteurs et segments de services à forte valeur ajoutée, comme le tourisme médical, l’éducation supérieure, l’ingénierie et le conseil, qui lui permettraient de capter une part non négligeable de ces marchés en pleine expansion. Les exemples se multiplient, mais le message reste le même : l’avenir économique de la Tunisie est bel et bien en Afrique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;*Cet article est paru dans le hors-série de novembre/décembre du magazine African Business&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 16 Nov 2015 06:50:08 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Abraham.Tameru</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">9280 at https://archive.uneca.org</guid>
 <comments>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/l%E2%80%99avenir-%C3%A9conomique-de-la-tunisie-est-en-afrique#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Préparer l’Afrique aux prochaines négociations commerciales</title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/pr%C3%A9parer-l%E2%80%99afrique-aux-prochaines-n%C3%A9gociations-commerciales</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-09-29T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;29 Septembre 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/portdoralehdjibouti.jpg?itok=0XeSgV9X&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;Preparing Africa for the next Trade negotiations&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Les négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dites du Cycle de Doha pour le développement restent dans une sérieuse impasse. Les dates butoirs se succèdent sans que les négociateurs semblent en mesure de tenir nombre des promesses du Cycle de Doha. L’an dernier, à la réunion tenue à Bali, des avancées minimes ont été présentées comme une percée décisive. Cet optimisme s’est évaporé depuis lors.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si le développement se trouve au cœur du Cycle de Doha, l’accord sur les questions controversées relatives à l’agriculture est la clef qui fera réussir ou échouer le cycle. Il est essentiel d’obtenir des résultats concrets dans le domaine de l’agriculture non seulement pour que soit rempli le mandat de Doha et pour dénouer cette « question clef », mais aussi plus fondamentalement parce que, en vue de leur développement, les économies africaines ne peuvent négliger un secteur qui emploie deux tiers de leur main-d’œuvre et joue un rôle central dans la sécurité alimentaire et l’éradication de la pauvreté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vingt ans après l’entrée en vigueur de l’Accord sur l’agriculture, les marchés agricoles mondiaux demeurent caractérisés par de fortes distorsions et une protection relativement élevée. Les pays développés ont continué de subventionner les producteurs (principalement les gros producteurs), en définitive aux dépens des petits exploitants du monde en développement. Dans le même temps, tandis que certains pays émergents ont pu exploiter les subtilités de l’accord pour adopter leurs propres formes de soutien intérieur, d’autres pays en développement, dont la plupart des pays africains, se sont révélés jusqu’à présent dans l’incapacité de faire de même, et se retrouvent doublement désavantagés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De nouvelles difficultés sont également apparues depuis la signature de l’Accord sur l’agriculture: que ce soit la concentration du marché, dominé par une poignée de grandes firmes (notamment sur des produits qui intéressent immédiatement l’Afrique, comme le café ou le cacao) ou la financiarisation des marchés des produits de base, qui n’a pas permis de mettre fin à la volatilité des cours mondiaux, ou encore les effets des changements climatiques et le poids croissant des barrières non tarifaires. Il n’y a eu à ce jour aucune avancée significative en termes de diminution du soutien interne (ou des subventions internes) par les plus importants pourvoyeurs de subventions, notamment les États-Unis, l’Union européenne et le Japon. Comme il apparaît clairement que les résultats obtenus dans le domaine de l’agriculture influencent les résultats obtenus dans d’autres domaines de négociation, dont l’accès aux marchés des produits non agricoles et les services, dans les faits, cela signifie que la possibilité de clore le Cycle de Doha n’est pas en vue. Cela veut également dire que l’OMC n’est pas dans une dynamique qui lui permette de contribuer de manière substantielle au cadre de développement pour l’après-2015, même si le commerce a été désigné, dans les nouveaux objectifs de développement durable, comme un des moyens de mise en œuvre d’un nouveau programme plus audacieux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, en vue de la dixième Conférence ministérielle de l’OMC, qui doit se tenir à Nairobi à la mi-décembre, l’idée fait largement consensus que certains résultats doivent être obtenusen matière de développement, d’autant plus que la conférence se tiendra pour la première foisen Afrique. Dans le domaine de l’agriculture, il est probable que certains progrès soient réalisés au sujet de la concurrence à l’exportation (subventions à l’exportation), car les modalités d’un accord éventuel sont en place depuis 2005. Il pourrait également y avoir du changement concernant les règles sur les « produits spéciaux » que les pays en développement veulent protéger pour des raisons touchant à la sécurité alimentaire, ainsi que les règles relatives à un mécanisme de sauvegarde spéciale sur les produits agricoles pour se prémunir contre les afflux massifs d’importations. Un accord global sur le coton s’agissant de l’accès aux marchés, du soutien interne et de la concurrence à l’exportation pourrait aussi être conclu. Le coton est considéré comme un révélateur des avancées possibles dans d’autres produits de base hors métaux. Une solution permanente au problème de la détention de stocks publics de denrées alimentaires, pour laquelle l’Inde a plaidé à Bali, pourrait être trouvée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;S’agissant du développement, un dispositif en faveur des pays les moins avancés (PMA) qui comprenne la mise en œuvre de la dérogation concernant les services, des améliorations à l’accès au marché en franchise de droits et sans contingent, et des règles préférentielles d’origine est à notre portée. Il pourrait aussi y avoir des décisions dans 25 domaines recensés par les pays en développement pouvant faire l’objet d’un traitement spécial et différencié. Ils visent principalement à ménager une plus grande marge de manœuvre politique en matière de développement industriel et de stratégies de renforcement des capacités productives.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est maintenant demandé aux négociateurs africains de faire preuve d’unité et d’esprit de décision en vue de la prochaine réunion, qui aura lieu en Afrique. Une réunion informelle de ministres africains s’est tenue le 20 juillet dernier et une réunion de suivi est prévue prochainement. Des réunions de coordination avec le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), le Groupe des PMA et le Groupe des 90(pays en développement) devraient également se tenir. En marge du Forum ministériel sur l’&lt;em&gt;African Growth and Opportunity Act&lt;/em&gt; (loi sur la croissance et les possibilités économiques de l&#039;Afrique) qui vient de se dérouler à Libreville du 24 au 27 août, les ministres africains ont dialogué avec le Représentant des États-Unis chargé du commerce. Les discussions ont notamment porté sur les principaux points devant permettre un résultat acceptable à Nairobi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En attendant, les ministres africains ont signalé que si la question clef de l’agriculture n’est pas résolue à Nairobi, elle doit rester à l’ordre du jour de l’OMC puisqu’elle reste essentielle pour que le Cycle de Doha aboutisse à des résultats en matière de développement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Africains doivent désormais se préparer correctement. Les préparatifs sont urgents et de plus en plus importants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premièrement,&lt;/strong&gt; peu d’éléments indiquent une cohérence stratégique entre le cadre de politique commerciale et les objectifs de politique industrielle. Plusieurs pays ont adopté une série de mesures incitatives en vue de s’industrialiser, mais une orientation claire fait souvent défaut, ce qui donne lieu à des pratiques opaques, discrétionnaires et arbitraires. À cet égard, il est de plus en plus admis que l’intégration régionale et une libéralisation graduelle sont les voies les plus prometteuses pour tirer parti du commerce en vue de la transformation structurelle des économies africaines. Dès lors, donner la priorité à l’Afrique devrait être le principe cardinal du processus consistant à réconcilier politique commerciale et politique industrielle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxièmement&lt;/strong&gt;, bien trop souvent, il manque de cohérence politique entre les différents niveaux de négociations commerciales, à savoir bilatéral, régional et multilatéral. C’est un problème que l’édition 2015 du &lt;em&gt;Rapport économique sur l’Afrique &lt;/em&gt;examine en détail. Permettez-moi de donner quelques exemples: les Africains se sont ardemment battus à Bali pour obtenir une décision sur des règles préférentielles d’origine en faveur des PMA… mais combien de pays africains ont appelé à mettre en œuvre ces critères préférentiels dans leurs négociations bilatérales avec l’Union européenne, dans le cadre des accords de partenariats économiques, ou avec les États-Unis, dans le cadre de l’&lt;em&gt;African Growth and Opportunity Act &lt;/em&gt;?De plus, à quoi servent des dérogations obtenues de haute lutte à l’OMC si, au niveau bilatéral, l’Afrique renonce à ces mêmes dérogations avec ses principaux partenaires commerciaux ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisièmement, &lt;/strong&gt;aussi bien conçues soient-elles, les politiques commerciales n’ont que peu de valeur si elles ne sont pas utilisées à bon escient. En 2013, les PMA ont obtenu une prolongation de la période de transition pour appliquer l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Qu’ont-ils fait pour mettre à profit cette occasion et favoriser résolument l’innovation ainsi que le transfert et l’acquisition de technologies ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces questions doivent absolument être soulevées car les Africains doivent enclencher la vitesse supérieure pour élaborer leurs politiques commerciales et industrielles et, plus important encore, pour les mettre en œuvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Tue, 29 Sep 2015 14:02:38 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Abraham.Tameru</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">8788 at https://archive.uneca.org</guid>
 <comments>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/pr%C3%A9parer-l%E2%80%99afrique-aux-prochaines-n%C3%A9gociations-commerciales#comments</comments>
</item>
<item>
 <title>Migrants africains: la roue tourne ? </title>
 <link>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/migrants-africains-la-roue-tourne</link>
 <description>&lt;div class=&quot;field field-name-field-publishing-date field-type-datetime field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;span  property=&quot;dc:date&quot; datatype=&quot;xsd:dateTime&quot; content=&quot;2015-08-31T00:00:00+03:00&quot; class=&quot;date-display-single&quot;&gt;31 Août 2015&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-field-blog-image field-type-image field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot;&gt;&lt;img typeof=&quot;foaf:Image&quot; src=&quot;https://archive.uneca.org/sites/default/files/styles/blog_post/public/BlogImage/es-blog-migrants.jpg?itok=ay1SwtIq&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;245&quot; alt=&quot;African Migrants: payback time?&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field-item even&quot; property=&quot;content:encoded&quot;&gt;&lt;p&gt;Depuis le début de l’année, un flot incessant d’images en provenance de l’île italienne de Lampedusa, de la ville de Calais où débouche l’Eurotunnel, de Bodrum en Turquie, des îles de l’est de la Grèceou des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc, inonde les écrans de télévision et les médias en général. Ces imagesmontrent des êtres désespérés qui tentent, en très grand nombre, de rejoindre des pays européens. Le Commissaire de l’Union européenne en charge de la migration a déclaré ce mois-ci qu’il s’agissait de la pire crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Est-ce vraiment le cas?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’Europe occidentale perçoit peut-être ainsi la situation, mais ce n’est pas le cas. Il est important de comprendre pourquoi, car ce n’est que le début.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Migrer fait partie de l’aventure humaine depuis que les grands singes évolués ont commencé à quitter la vallée du Rift en Afrique. L’histoire de l’humanité est tellement riche et complexe qu’il nous est difficile de faire le lien avec une origine commune très lointaine, si ce n’est pour procéder à des analyses historiques ou pour tirer des conclusions philosophiques. Il nous est à tous plus facile de nous associer à un passé plus récent, celuiqui, au fil des événements et des interactions sociales, a façonné nos identités. Les êtres humains font une lecture sélective de l’histoire. Pour la plupart, il est normal d’indemniser un dommage causé à certains, mais pas à d’autres. Des excuses seront justifiées pour certains, mais pas pour d’autres. Des propositions de paix sembleront moralement acceptables à certains, mais pas à d’autres. En somme, ce n’est que la reproduction, à l’échelle de la société, de comportements individuels.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La plupart des Italiens ont oublié que leurs ancêtres ont bâti des nations entières comme l’Argentine et l’Uruguay. Les Britanniques ne font pas nécessairement le lien entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande et l’édification de ces pays par la migration, tout comme les Espagnols et les Portugais vis-à-vis de l’essentiel de l’Amérique du Sud. Lorsqu’ils font référence à l’Indochine, les Chinois n’ont probablementqu’une vague idée de la raison pour laquelle cette région du monde porte leur nom. Les Américains jugeront qu’il est de mauvais goût de mentionner qu’une partie du territoire actuel des États-Unis a été achetée au Mexique. Et la liste est encore longue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, un continent n’a jamais été associé à la migration en vue de coloniser d’autres régions ou de tirer profit de leurs richesses: l’Afrique! Elle est plutôt connue pour avoir été victime de l’esclavage, du pillage de ses ressources naturelles ou d’un traitement injuste sur la scène internationale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus que beaucoup d’autres,l’Afrique s’est démenée pour trouver une issue à la pauvreté. Sa situation s’est améliorée dernièrement, depuis le tournant du siècle en fait, le continent affichant des taux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale et à celle des pays en développement. Pourtant, la rhétorique à propos du continent semble rester braquée sur la migration et des évaluations négatives de ses résultats. Il importe donc, en premier lieu, de comprendre pourquoi l’Afrique est perçue comme produisant aujourd’hui plus de candidats au départ que jamais auparavant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les pays africains accueillent bien plus de migrants qu’ils n’en envoient dans le reste du monde. En réalité, la grande majorité des Africains à la recherche d’opportunités hors de leur pays vont dans un autre pays africain. Moins de 2 millions veulent quitter le continent chaque année, ce qui est peu par rapport au nombre total de migrants, en particulier en Europe. Sur les 250 000 personnes qui ont tenté de traverser la Méditerranée cette année, les quelque 50 000 Syriens forment le contingent le plus nombreux mais ce n’est qu’une fraction des 1.5 millions de Syriens installés au Liban, par exemple. De plus, des Afghans, des Yéménites, des Pakistanais et d’autres non Africains empruntent eux aussi cet itinéraire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’attrait de l’Europe s’explique par un ensemble de facteurs, que ce soit l’accès à l’information (6 milliards de téléphones mobiles dans le monde), les proclamations relatives aux droits de l’homme et autres appels en faveur de valeurs morales universelles ou encore l’injuste répartition des revenus et les inégalités dans le monde. Le terrorisme et l’extrémisme religieux jouent également un rôle. Il semblerait que le plaidoyer énergique de l’Europe en faveur des droits humains se soit retourné contre elle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des zones de guerrecomme la Libye et les déserts environnants, les Grands Lacs et leurs alentours, et la Somalie, en proie aux conflits depuis longtemps, créent un afflux de demandeurs d’asile politique, ainsi qu’un grand nombre de réfugiés. La brutalité de certains régimes africains apporte également son lot de migrants. La timidité des dirigeants africains lorsqu’il est question de migration, y compris lorsqu’il s’agit d’autres Africains, est troublante. Cela n’explique pourtant pas tout.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À chaque époque de l’histoire, la croissance a poussé des habitants des mêmes zones à émigrer. C’est d’ailleurs le cas actuellement pour les Chinois et les Indiens, tout comme pour les Africains. La croissance crée des occasions de commencer une nouvelle vie, mais sa répartition, surtout dans les premières phases de l’essor d’un pays, est inégale et imprévisible. Ceux qui voient leurs voisins dotés des moyens et des perspectives d’avenir qu’eux-mêmes n’ont pas vont tenter l’aventure ailleurs. Il aurait été absurde de suggérer de bombarder les bateaux en partance pour l’Amérique du Sud, avec à leur bord des migrants échappant aux séquelles des deux guerres mondiales. Ces migrants étaient en quête d’une vie meilleure; pourtant, leurs pays d’origine connaissaient une croissance sans précédent grâce, entre autres, au Plan Marshall.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Africains qui périssent dans le désert ou en mersont déterminés. Ils ne se résignent pas à leur sort et sont prêts à risquer leur vie. La population la plus jeune au monde voit les pays développés d’Europe comme la lueur d’espoir la plus proche. Pour eux, c’est le berceau des droits de l’homme qui va assurément comprendre leur détresse, les accueillir et leur offrir du travail!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les jeunes d’Afrique vont être de plus en plus nombreux alors que, dans le même temps, la population du reste du monde sera de plus en plus âgée. De la difficulté d’admettre que l’État-providence en vigueur dans tous les pays vieillissants n’est pas viable sont nées lespropositions de politiques économiques les plus bizarres. Reconnaître l’existence d’un défi démographique devrait entraîner une large refonte des choix sociaux et politiques pour soutenir l’économie. Alors que nous sommes tous témoins des limites du transfertde la création de valeur de la production et de la main-d’œuvre vers l’économie du savoir et le contrôle financier, nous voyons aussi les limites du modèle économique dominant. L’équilibre démographique reste capital, en dépit des avancées technologiques et des gains de productivité. La sécurité sociale ou les fonds de pension ne peuvent être financés par des robots ou parla propriété intellectuelle; il leur faut des gens, des travailleurs, des travailleurs productifs, même. C’est pourquoi l’Europe va devoir accepter qu’elle a besoin de migrants, comme l’a maintes fois reconnu la Commission européenne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les quelque 2 000 décès recensés en mer Méditerranée sont un coup de semonce tragique. D’ici à 2050, la population de l’Afrique va doubler. Même si la croissance se poursuit au même rythme qu’aujourd’hui, voire si elle s’accélère, il est probable qu’elle produise un afflux encore plus important de jeunes Africains à la recherche de perspectives dans une Europe vieillissante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a célébré l’extraordinaire et incroyable courage dont ont fait preuve les explorateurs européens, qui,munis de rares instruments scientifiques pour s’orienter et survivre,sont allés au-devant de mers et de territoires inconnus dans un témoignage admirable de la détermination humaine. Le même courage anime les migrants d’aujourd’hui, et ils se tournent vers l’Europe. Est-ce un signe que la roue tourne?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
 <pubDate>Mon, 31 Aug 2015 11:57:39 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Abraham.Tameru</dc:creator>
 <guid isPermaLink="false">8534 at https://archive.uneca.org</guid>
 <comments>https://archive.uneca.org/fr/es-blog/migrants-africains-la-roue-tourne#comments</comments>
</item>
</channel>
</rss>
